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Petit incident technique...

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Caliban Leviaz
Envie ~ Directeur

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MessageSujet: Re: Petit incident technique...   Jeu 21 Fév - 18:26

[HRP : Bon, si tout va bien on pourra repasser en mode non-spoiler d'ici peu XD.]

Spoiler:
 

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Eva Eden
Luxure ~ Professeur

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MessageSujet: Re: Petit incident technique...   Ven 22 Fév - 0:10

[HRP : précisément, oui !^^ Donc je ne poste pas mon message en spoiler, parce que je n'en vois plus l'utilité, il est tout à fait sobre, je ne pervertirai personne ! XD]

L’oreiller émit un faible froissement de tissu satiné lorsque les cheveux d’Eva vinrent s’y perdre, alors qu’elle laissait sa tête y retomber sereinement. Les muscles tendus de son corps se décontractaient peu à peu, en une torpeur langoureuse dont elle profita encore… Dont elle profitait toujours. Même cet instant de lassitude nouvelle, de plénitude et de flottement qui l’enveloppait lui paraissait délicieux. Elle cligna à peine des yeux, puis poussa un faible soupir entièrement satisfait, presque inaudible, en sentant le corps du Directeur reposer lentement non loin du sien. Elle ne bougea pas… Pendant plusieurs minutes, qui semblèrent bien plus longues à la jeune femme, elle se contenta de rester ainsi allongée, les jambes agréablement engourdies, la poitrine soulevée par une respiration encore fortement irrégulière, et les courbes d’un corps langoureux parcourues de quelques frémissements soulignés par l’éclat des flammes de la cheminée. Eva ne s’était pas endormie… Au contraire, elle avait encore les yeux grands ouverts, fixés vers le plafond et le ciel de lit dont le tissu léger créait autour d’elle une atmosphère d’irréalité.

Pourquoi ne dormait-elle pas ? Pourquoi la fatigue ne l’avait pas atteinte à un même degré que Caliban ? Elle-même n’en était pas tout à fait sûre… Mais elle ne voulait pas s’endormir. Pas tout de suite… Elle n’avait pas besoin de lutter contre le sommeil. C’était la torpeur de ses membres tout entiers qui la maintenait éveillée… La fatigue elle-même lui semblait si agréable, et si digne de la passion qu’elle venait de vivre, qu’elle ne pouvait s’empêcher de s’en délecter tout autant qu’elle avait pris plaisir à cet acte d’amour. Non… Cela n’avait rien d’un acte d’amour. Il y avait eu une lutte… Une lutte sauvage et dangereuse. Eva revivait encore ce qu’il venait de se passer… C’était toujours ainsi. Une seule fois ne lui suffisait pas. Les sensations affluaient à nouveau, souvenirs vivaces, pour maintenir un peu plus longtemps ce qu’elle recherchait tant.

Un léger sourire satisfait illuminait son visage légèrement brillant de transpiration, et l’une de ses mains encore capable de bouger ne serait-ce que d’un millimètre caressait du bout des doigts les draps rouges sur lesquels elle reposait. Elle aimait ce genre de bataille… jamais elle ne pourrait s’en lasser véritablement. Mais cette bataille-là, à l’image de toutes celles qui germaient de ses unions avec le Directeur, avait quelque chose de déroutant. De délicieusement déroutant… Eva avait eu la fugace impression, à travers le plaisir malsain qu’elle retirait de leur joute, qu’elle n’était pas réellement l’adversaire de Caliban… Oh, bien sûr, l’amour charnel n’était pas toujours un combat, pour la jeune femme. C’était parfois tout au contraire, un commun accord, ou bien quelque chose d’encore plus singulier… Mais là où personne ne pouvait imiter le Directeur, c’était dans cette manière de lui faire ressentir qu’elle n’était ni l’ennemie, ni l’amante. Il se battait, oui… Pour l’obtenir, elle. Mais pas contre elle… Contre lui.

La professeur de la Luxure inspira profondément à cette pensée, tandis que son cœur reprenait peu à peu un rythme nettement plus régulier. Avait-elle senti le réel danger dans ce qui venait de se passer ? Etait-elle seulement capable de comprendre les envies de meurtre, de suicide plutôt, de Caliban, qui étaient nées de leur échange ? Et quand bien même elle serait en mesure de le réaliser, y verrait-elle le moindre inconvénient ? Sans doute que non. La Luxure avait eu ce qu’elle désirait sur le moment… ce qu’elle désirera peut-être plus tard, également. Rien d’autre n’avait d’importance… Alors Eva se contenta de se laisser aller à cet instant de béatitude propice à la rêverie… Ses pensées dérivèrent l’espace de quelques secondes là où personne ne pourrait jamais les atteindre, mais elle n’en trouva pas plus le sommeil. Tout au contraire, son corps reprenait des forces, de sorte qu’elle se sentit bientôt le besoin, ou simplement l’envie de bouger.

D’un geste plus machinal qu’autre chose, elle ramena légèrement les draps, les faisant glisser jusqu’au niveau de sa taille, puis se redressa gracieusement sur un coude, tout en pivotant légèrement vers la gauche, pour observer son compagnon du moment. Les cheveux sombres de la jeune femme retombèrent sur ses épaules, tandis que ses yeux en pierres précieuses glissaient sur le corps du Directeur, avec un éclat, certes, mais qui était bien moindre face à ce qu’il avait été. Eva esquissa une petite moue qui ressembla presque à une sorte d’attendrissement, en total contraste avec son regard de pure malice malsaine. Elle observa un peu plus attentivement le visage de Caliban, qu’elle trouva indéniablement épuisé, ce qu’elle souligna simplement d’un petit haussement d’épaule.

Et puis, ce qui attira finalement son attention, ce fut cet étrange sourire, qu’elle n’avait pas l’habitude de voir sur les lèvres de son Directeur. Ce n’était pas sa manière habituelle et malsaine de sourire… Et il lui parut un instant terriblement sans défense. La jeune femme sourit de plus belle à cette pensée, et fit courir naturellement ses doigts le long du torse du Directeur, avant de se redresser en position assise, dans un mouvement étonnamment vif, compte tenu de la torpeur qui avait saisi son corps.

Elle balaya la pièce du regard, puis se glissa hors du lit sans la moindre hésitation, pour se diriger jusqu’à sa penderie, et piocher au hasard une robe de taille pour le moins réduite, à simple bretelles croisées dans son dos, et dont le tissu aérien s’arrêta tout juste en-dessous de son postérieur lorsqu’elle l’enfila. Sans rien avoir mis en-dessous au préalable, bien sûr… Et elle n’ajouta rien, d’ailleurs. Eva avait cette étrange faculté de n’avoir besoin que de cinq secondes pour être plus ou moins « vêtue », et de façon tout à fait agréable pour les yeux… En tout cas, vu la façon négligente qu’elle avait eu de choisir sa tenue, elle ne semblait pas faire attention à son apparence plus que cela. Chose fort surprenante, pour une femme qui passait le plus clair de son temps à séduire tout individu masculin passant dans son sillage.

Le plus naturellement du monde, Eva secoua la tête, passa une main dans ses cheveux comme pour les remettre un minimum en ordre, puis croisa simplement son reflet dans le miroir, ce qui sembla amplement lui suffire. Elle ne regarda pas en direction du lit où reposait encore Caliban, enfila ses talons aiguille, dont elle noua savamment les lacets autour de ses chevilles, puis s’apprêta à sortir, comme si rien ne s’était passé. Comme si elle sortait tout droit de sa douche, qui n’avait jamais rencontré le moindre incident technique. Aucun regret, aucun scrupule… La serrure émit un petit déclic lorsqu’Eva déverrouilla la porte, et la jeune femme interrompit finalement son geste en direction de la poignée, pour pivoter sur elle-même.

La professeur de la Luxure esquissa une petite moue amusée en s’accordant le droit d’observer à nouveau son Directeur dormir paisiblement au milieu de son grand lit… Puis elle s’éloigna de la porte avec un haussement d’épaule. A vrai dire, elle n’avait pas encore trouvé quoi faire de bien intéressant, au sortir de cet appartement… Alors quelques minutes de plus ou de moins, cela ne coûtait rien…. Eva s’assit non loin de Caliban, pour pencher légèrement la tête vers lui, et murmurer d’un ton taquin :


- Toi… J’aimerais bien savoir à quoi tu peux bien être en train de rêver…

Et les doigts de la jeune femme glissèrent à nouveau sur la peau du Directeur, non pas d’une façon tendre et affectée, mais plutôt avec une douceur et une légèreté digne d’elle. Visiblement, elle ne s’ennuyait pas encore de l’observer dormir, mais peut-être cela ne tarderait-il pas. D’ici là, Eva s’abreuvait encore un peu du corps nu de cet amant, et de ce contact physique, si moindre pourtant, d’une caresse sur son torse. Caliban Léviaz aurait pu s’estimer heureux… car rares étaient les hommes qui, à leur réveil, avaient encore Eva Eden à leurs côtés.
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Caliban Leviaz
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MessageSujet: Re: Petit incident technique...   Ven 22 Fév - 12:45

Elle avait des mains douces, si douces, qu'il se contentait parfois de sentir ses caresses sur son visage, sans demander plus. Lui, l'Envie, avait pu, il y avait quelques temps, accepter ce qu'il avait déjà. De ses mains, bien sûr, et de ce sourire rieur. De ce visage aussi si proche de celui de son enfant, alors que leurs deux caractères étaient presque différents... Il rêvait de sa femme, bien sûr, de cette douceur et de cet amusement qui la caractérisaient. Il rêvait du temps passé, malheureusement. Mais cela n'avait pas l'air de lui être désagréable, à lui qui semblait constamment contre le monde entier. Au contraire, il semblait si calme, que cela en aurait presque pu être inquiétant.

Quelques frémissements sur sa peau trahissaient les caresses volatiles d'Eva. Il n'était pas insensible, non, mais peut-être que son subconscient lui envoyait les images d'une autre, agissant de la même manière avec lui. Et après cette haine qu'il avait montrée contre lui-même, il en venait à changer de visage, à changer de façon d'être. Paisible, il l'était, et venant de lui, c'était anormal.

Mais les rêves ont cela de terrible qu'ils ne sont qu'éphémères. Ainsi, les bras de Margaret s'évanouirent, et le lit reprit sa place autour de lui, agréable, certes, mais pas assez pour lui. Pas autant que son rêve. Pas autant que ses souvenirs. Il y avait de ces absences qui ne se faisaient pas moins lourdes avec le temps. Et sa femme était peut-être la plus terrible de toutes... Rapidement, son visage reprit ce qu'il avait de plus dur, de plus inhumain, comme un masque de folie ou de manque d'intérêt qui sombrait sur ses traits, amené par le manque et par le désir. Un instant il n'avait été qu'un homme, mais le revoilà devenu l'Envie.

Il s'étonna de voir ici Eva. Il avait, bien sûr, autre chose à faire que de le montrer, mais il ne savait pas ce qui avait pu la pousser, elle, à demeurer à ses côtés. Caliban s'était réveillé bien des fois seul, dans ce lit, comme si rien ne s'était passé, comme si rien n'avait d'importance, comme si ce combat contre lui-même n'avait servi à rien... et c'était encore plus violent pour lui, encore plus douloureux.

Mais pas cette fois, puisqu'il eut la bonne surprise de voir la femme qu'il venait de posséder pendant quelques instants à côté de lui. Même si elle était - peu - habillée, elle était à l'observer, à glisser ses mains sur son torse.

Il laissa ses mains si particulières errer sur la cuisse d'Eva, puis esquissa un sourire qui, désormais, avait quelque chose de malsain. L'homme amoureux qu'il avait laissé voir quelques instants auparavant était reparti, perdu dans ses propres souvenirs.


-Je rêvais au passé.

Alors il l'avait entendue. Peut-être était-ce simplement elle qui venait de le réveiller. Caliban demeura un instant silencieux, chassant d'un geste de la main les mèches de cheveux qui lui retombaient sur les yeux. Il la fixa, l'air un peu inquisiteur, puis commença à s'habiller, silencieux. Rapidement, il était de nouveau en tenue de travail, vérifiant, les lunettes violettes sur le nez, s'il n'avait pas trop l'air d'avoir dévié de ce qu'il faisait à la base.

-Il ne reste plus qu'à transformer le passé en avenir, bien sûr, mais ce n'est pas aussi simple que cela en a l'air.

Peut-être avait-il envie d'être un peu mystérieux dans ses paroles. Ou peut-être que son envie soudaine de parler à sa fille le déviait de l'endroit où il se trouvait à cet instant précis et de la conscience de la personne à laquelle il parlait.

-Monsieur Mammon va devenir imbuvable, décidément. Mais je ne sais pas si lui dire que j'étais avec toi le calmerait.

Oui, n'oublions pas, à la base il était en train de s'occuper de lui. Mais son sourire signifiait parfaitement qu'il n'était pas plus gêné que cela d'embêter ce professeur. Debout au centre de la pièce, il se contentait de sourire en observant la jeune femme...

[HRP : Hop, si tu veux, tu peux clore le sujet... ou continuer à lui poser des questions x).]
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Eva Eden
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MessageSujet: Re: Petit incident technique...   Dim 24 Fév - 12:46

La curiosité. C’était la curiosité la plus pure que l’on pouvait lire sur le visage de la jeune femme légèrement penchée vers son Directeur. Peut-être était-ce justement ce défaut qui l’avait poussée à se rasseoir non loin de lui pour l’observer attentivement, comme si elle avait pu avoir un espoir de décrypter l’étrange attitude paisible et… humaine de Caliban. Oui, la vérité était bien là… Elle se posait soudainement des questions dont elle brûlait d’obtenir la réponse. Et qui, peut-être, n’auront plus rien d’éclatant, une fois qu’elle les aura obtenues… Habituellement, il y avait longtemps que la Luxure se serait éclipsée, à la manière d’un rêve qu’on ne peut retenir… Là, rêve, elle l’était toujours, mais il avait un côté incroyablement vivace, ce songe.

Eva fronça les sourcils lorsque l’expression qu’elle contemplait méticuleusement jusqu’ici s’éloigna peu à peu, pour laisser bientôt sciemment sa place à celle qu’elle connaissait à la perfection. Celle que tout le monde pouvait voir, dans cette école, sans qu’on puisse déterminer si c’était une bonne chose, ou un très mauvais augure. La jeune femme, elle, ne se posa même pas la question…

Elle sourit légèrement, mi-satisfaite, mi-intriguée, devant le changement radical qui s’opérait sur les traits de Caliban. L’homme en lui-même, était une source de curiosité, à vrai dire… Eva l’observa encore, non pas comme elle aurait regardé une bête de foire, mais comme elle aurait tenté de percer le mystère tenace d’une personne qui lui était par instant complètement inconnue. Parce que ce qu’elle voyait chaque jour, ce qu’elle sentait sur sa peau lorsqu’ils étaient si proches, c’était l’Envie, pure et simple… Si caractéristique… Et ce visage qui venait de disparaître, lui, était rempli de calme et de… faiblesse, oui. D’une faiblesse qui rendait à Caliban quelque chose de fortement semblable à de l’humanité.

Eva ne savait pas si elle devait se réjouir que son Directeur ait finalement chassé l’homme paisible au sourire radieux qui dormait en lui, ou au contraire, en être fortement déçue… Elle choisit, plus simplement, de ne pas répondre à cette question, et de la chasser d’un vague mouvement de tête. Ses yeux suivirent les gestes du Directeur, qui, une fois réveillé, profita visiblement de la présence de la jeune femme, pour glisser ses mains sur sa cuisse. Ce qu’elle ne releva pas, même si ce contact fit frémir légèrement la peau de sa jambe, et que son sourire s’accentua vaguement.

Sourire qui se fit un peu étonné, soudain, lorsqu’Eva entendit Caliban répondre à sa question… Question qui était, à la base, plutôt rhétorique, et qu’elle avait murmurée pour elle-même. La jeune femme redressa la tête pour plonger son regard hypnotique dans celui de l’homme, qui venait d’assouvir sa curiosité. Non… plus précisément, de l’attiser d’avantage. Caliban était quelqu’un de plutôt discret, même si, bien sûr, des bruits couraient concernant la disparition de sa femme… le genre de rumeurs habituelles qu’Eva savait écouter d’une oreille attentive, mais auxquelles elle n’accordait en réalité pas grand crédit. Or, elle avait devant elle le témoin idéal.

Mais elle demeura silencieuse. D’un mouvement gracieux du menton, elle approuva simplement ses paroles, puis l’observa s’habiller d’une manière qui lui était tout à fait propre. A savoir qu’elle ne sembla éprouver aucune gêne à contempler tout à fait naturellement le corps de l’homme qui commençait à se vêtir sous ses yeux. Eva arqua un sourcil appréciateur lorsque le spectacle fut fini, puis se redressa également, réajustant machinalement sa robe qui avait une forte tendance à faire ce que bon lui semblait. Ce qui était sans doute voulu, à vrai dire.

La jeune femme esquissa une petite moue perplexe, et croisa les bras. Transformer le passé en avenir ? La curiosité accrue d’Eva pointa encore un peu plus le bout de son nez, et elle toisa son interlocuteur avec un mélange de sérieux et de légèreté. Un court instant, elle resta interdite, puis finit par répondre, le plus naturellement du monde :


- On ne le transforme pas, le passé… Il est ce qu’il est, il reste à sa place. Il faut juste savoir le traîner derrière soi, sans que son poids nous empêche d’avancer vers ce que vous appelez l’avenir.

Tiens… Le « vous » était de nouveau entré en vigueur, dernier signe que l’intimité qu’ils venaient de vivre s’estompait peu à peu dans les dernières minutes d’un entretien étrange. Eva venait-elle de… donner une leçon à son Directeur ? Elle paraissait simplement constater une évidence, ou énoncer ce qu’elle pensait de tout cela, avec une facilité déconcertante… Facilité qui masquait peut-être en partie sa curiosité maladive d’en savoir plus sur la personne étrange de Caliban.

Oh, elle pourrait lui demander… Lui poser encore quelques questions. Seulement, Eva n’était pas complètement stupide. Elle se doutait bien que si l’homme était effectivement enclin à la conversation, il n’irait certainement pas jusqu’à lui raconter sa vie. Eh quoi, qui sait, après tout ?

La professeur de la Luxure esquissa une grimace comique en songeant à son collègue de l’Avarice, auquel Caliban venait de faire allusion. Ni l’un, ni l’autre, ne paraissait éprouver le moindre remord à mettre des bâtons dans les roues de Salluste. Peut-être même était-ce une habitude, à la base… Eva haussa royalement les épaules, avec toute l’ironie dont elle était capable, et fit un geste négligent de la main, comme on chasserait un moustique importun :


- Oh, ne vous inquiétez surtout pas de ça… Je suis sûre qu’il comprendra parfaitement. Je lui expliquerai moi-même ce pourquoi vous dérivez souvent des services que vous devez lui rendre.

La jeune femme adressa au Directeur un clin d’œil complice. Elle venait plus ou moins de faire remarquer qu’elle pourrait tout autant s’en aller charmer le professeur de l’Avarice, si l’envie lui en prenait. Eva savait-elle que l’idée des multiples amants qu’elle ne tardait jamais d’avoir était détestable pour l’homme en face d’elle ? Si non, il aurait fallu la mettre au courant… Si oui, alors elle jouait avec lui.

Toujours était-il que la jeune femme se retrouva en quelques enjambées, plantée devant Caliban, un sourire malicieux ancré au coin des lèvres. Ses doigts vinrent caresser légèrement la chemise boutonnée comme il faut du Directeur, et elle approcha ses lèvres des siennes, de manière à ce que son souffle tiède vienne se perdre sur la peau de l’homme. Homme à qui elle murmura :


- Ce fut… fort agréable. Il faudrait songer à… réitérer.

La Luxure embrassa langoureusement l’Envie, une dernière fois, avant qu’Eva ne pivote élégamment sur elle-même, pour se diriger vers sa porte et l’ouvrir en grand. Non, ce n’était pas encore aujourd’hui qu’elle pourrait satisfaire sa curiosité envers Caliban. Mais elle saurait trouver le bon moment, elle en était persuadée. Pour l’heure, elle voulait bouger… Fuir l’ennui qui revenait toujours à grand pas, malgré l’intérêt que le Directeur venait d’attiser en elle. Et puis… Il n’allait certainement pas tarder à s’en aller lui-même, occupé comme il l’était… Et elle ne voulait pas le laisser partir le premier. Question de principe.

Alors elle jeta un regard pétillant par-dessus son épaule, et se contenta de lui lancer :


- Claquez simplement la porte en sortant !

… Avant de s’éclipser de ses appartements, sa silhouette élancée s’effaçant au détour d’un couloir…

[HRP : Hop, et bien du coup j’ai choisi de clore, pour pas faire attendre les gens !^^]
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