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| | Lendemain d'une spectatrice lointaine | |
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Camille Ecil
Orgueil


Age : 18 Inscrit le : 08 Avr 2008 Messages : 99 Localisation : Au premier rang. Métier ou année d'étude : 1ere année
| Sujet: Lendemain d'une spectatrice lointaine Dim 4 Mai - 18:46 | |
| [Le 17 octobre, un peu après 6 heures du matin. Que je puisse un peu situer ma Camille par rapport au scénario.]
Comme d'habitude, Camille était partie prendre sa douche à une heure où celles-ci n'étaient pas trop peuplées. Ceci depuis qu'au tout début de l'année une grande de presque 16 ans l'avais forcé à rester les yeux ouverts sous l'eau pendant dix bonnes minutes afin de la punir d'avoir pris la douche qu'elle voulait. En soi, Camille reconnaissait que ce n'était pas bien grave et qu'elle n'avait pas eu à souffrir de tortures bien plus douloureuses, mais tout de même ! Elle n'allait pas se laisser faire... Le problème était que, pour le moment, elle ne voyait pas trop comment se venger. Elle commençait à maîtriser son pouvoir - elle avait réussit à enrhumer un autre première année, se payant une sinusite au passage - mais bien sûr cela n'était pas suffisant... Elle avait donc fait le choix de la vengeance qui se mange froide etc, pour prendre le temps d'obtenir les couverts adéquats. Et en attendant, elle évitait les ennuis.
Quoi qu'il en soit, à cette heure matinale ce jour-là, alors qu'elle posait ses affaires de manière à ce qu'elle ne soient pas mouillées, ce n'était pas à sa vengeance potentielle qu'elle pensait. Elle pensait plutôt aux évènements récents, et à tout ce que cela pouvait - d'après elle - impliquer.
Elle-même n'avait pas assisté à "l'assemblée générale", par choix. Même si le but exact était flou, il est clair que cette assemblée était un acte d'opposition au directeur, aux professeurs et à "Nix". Nix, elle n'avait pas conscience de son importance avant que Caliban parte de l'école. C'est à ce moment-là qu'elle en avait beaucoup entendu parler autour d'elle. Avant cela, elle l'avait peut-être croisée ou en avait certainement entendu parler mais elle n'y avait pas prêté particulièrement attention... Bref, quoi qu'il en soit, cette assemblée n'était certainement pas le lieu où trouver une fayotte telle que Camille. Mais elle ne s'était pas privée d'observer d'une fenêtre de l'école ce qu'il s'y passait. Et finalement, elle n'y avait pas compris grand chose. Un calme relatif jusqu'à une bataille de... sur le moment, elle avait était trop loin pour voir ce qui se lançait, ce n'est qu'après coup qu'elle avait su que c'était des fruits. Mais là n'était pas la chose importante.
Ce qui était important, c'était le vrai combat qui avait suivit. Quelqu'un - un cyborg en fait, cela aussi elle ne l'avait su qu'après coup - s'était mis à tout détruire. De loin tout cela était confus. En tout cas, il y avait eu des morts.
En tournant le robinet d'arrivée d'eau, Camille essayait de se remémorer un peu plus précisément cet évènement. Mais, il y avait de la poussière, et elle était loin. Et elle s'était éloignée de la fenêtre à un moment, de peur de dans l'agitation celle-ci soit brisée. Il est vrai, ceci était totalement stupide. Elle était certainement trop loin. Mais sur le coup, elle avait eu peur. C'était pour elle la première fois qu'elle assistait à de telles violences. Avant cela, elle n'avait encore vu personne mourir.
Maintenant, elle n'était pas attristée ou écoeurée par ces morts. Non, Camille avait tout de même une âme de méchante. Mais la simplicité de la chose la... choquée ? perturbée ? Elle ne savait pas trop. En tout cas, elle ne s'y attendait pas et tout avait été très rapide. Quelque part, cette simplicité la fascinait. C'était le soir du 15 octobre, alors que comme tout le dortoir elle se retournait dans son lit, qu'elle avait compris la fragilité de l'être humain. Oui, assurément, elle pouvait tuer. Une arme à feu, un simple mouvement du doigt et on pouvait prendre une vie. Elle ne l'avait jamais encore totalement réalisé. Et l'idée, loin de lui faire peur, l'attirait. Elle avait le pouvoir d'ôter la vie.
Elle secoua la tête, à la fois pour mouiller plus totalement ses cheveux et reprendre le cours de ses pensées sur les évènements récents.
Après le chaos du combat, les différentes personnes présentes s'étaient "calmées", presque d'un seul coup. Elle-même s'était éloignée de sa fenêtre. Comme beaucoup, elle avait erré sans but précis jusqu'au déjeuner. Là, les faits et les rumeurs filaient bon train et nombres des élèves présents voulaient en dire ou en entendre plus sur ce qu'il s'était passé le matin même. Et sur les mesures de sécurité qui avait été prises. Camille s'était contentée d'écoutée.
En se versant du shampoing sur les cheveux, elle revit rapidement la suite des évènements. Un après-midi très spécial, ou chacun semblait sur le qui-vive. A ce qu'il paraissait, certains élèves - Camille avait même entendu parlé d'un prof - étaient suspectés d'avoir aidé à faire venir le cyborg. Nix dirigeait les opérations, d'après les bruits de couloir les crédibles.
Et le lendemain, l'école était revenue à son état "normal". Adieu les mesures de sécurité et bonjour les vacances. Camille comprenait de moins en moins ce qu'il se passait. Et puis, ces adultes qui étaient arrivés à l'école... Elle n'avait pas vraiment compris qui ils étaient ni pourquoi ils étaient là. Camille en avait vu un de loin dans un couloir, c'est ce qui lui permettait de savoir qu'il ne s’agissait pas uniquement d'une rumeur de plus. Tout était si confus... Enfin, de nombreuses choses allaient certainement s'éclaircir rapidement. De toutes façons les vacances étaient dans à peine quelques jours...
Peut-être celles-ci lui permettraient-elle de faire le point. Elle pouvait attendre jusque là pour savoir quoi penser. Surtout que de nouvelles informations risquaient de leur être communiquées d'ici-là.
Remuant ces pensées sans arriver à leur trouver de conclusion autre que l'attente, Camille traînait sous la douche, les cheveux toujours pleins de shampoing. Elle ne faisait plus du tout attention à ce qu'il pouvait se passer autour d'elle... _________________
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|  | | Valentin Vlash
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Age : 21 Inscrit le : 21 Jan 2008 Messages : 197 Localisation : Dans un rêve... Métier ou année d'étude : 5ème
| Sujet: Re: Lendemain d'une spectatrice lointaine Dim 4 Mai - 23:33 | |
| [Je m'incruste, ne t'en déplaise... Ce qui veut dire: /!\ Message de Valentin, à caractère inquiétant...]
Les événements de l’assemblée générale étaient déjà lointains pour Valentin, qui avait vécu ce moment comme un rêve, comme un cauchemar, lui si enclin à confondre ce qui est issu de sa folle et déraisonnée imagination et la cruelle et basse réalité. Il avait tout bonnement fuit la cours intérieure après l’explosion violente qui avait massacré plusieurs élèves. Lui, sur scène, se tordant de douleur sous le coup de genou mal placé de cette peste de Liz, il avait été à l’abri… Mais n’avait pas demandé son reste lorsque cette curieuse dame de fer était intervenue. Il n’avait pas eu peur, il avait simplement quitté l’endroit, qui semblait ne plus rien pouvoir lui apporter de bon. Et pour une fois, il n’enviait pas ceux qui étaient resté à se battre, à souffrir, à tuer ou à mourir.
Ainsi, une nouvelle fois, il errait dans un endroit qui ne lui était pas réservé, et c’était un doux euphémisme. Les douches des filles avaient été aujourd’hui encore la cible de sa marche aérienne et légère, mais contrairement à la première fois, ça n’était pas porté par un rêve léger et insouciant qu’il avait été amené à rejoindre ce lieu incongru. Non, cette fois c’était autre chose qui l’avait amené là, c’était bien pire…
Oui, c’était pire, car c’était un puissant désir de vengeance, froide et impitoyable, sereine et folle, qui l’avait mené là. C’était en imaginant tordre le coup de cette Liz de malheur qu’il avait mené ces pas jusque là, dans l’espoir de la retrouver comme la dernière fois, seule, absorbée par son pouvoir, inconsciente de la réalité tragique qu’il comptait effectuer. Car oui, cette fois, il ne se serait plus contrôlé. Ce n’était plus la curiosité qui aurait parcouru son être, mais bien une cruelle envie de tuer cette petite de l’avarice, qui ne l’avait que trop nargué, avec ses coups de genoux et ses réflexions puériles et provocatrices lors de l’Assemblée Générale.
Oui, il voulait se venger, il ne vivait que pour ça, et il le savait. Et là, ce désir de vengeance se portait sur Liz, qu’il avait appris en deux rencontre à haïr plus que tout. Il avait personnifié tous ses malheurs ici, au Val de l’Ombre, dans cette frêle personne qui l’avait menacé de mort, avec ses poignard, et qui par deux fois lui avait écrasé impitoyablement les parties génitales.
Il vaquait là, l’œil carnassier, s’approchant lentement du couloir des vestiaires féminins en espérant secrètement y trouver un uniforme bien rangé, avec qui sait, un petit livre qui dépasse, ou encore une cravate cyan, une paire de poignards de lancé et quelques autres joyeusetés qui feraient identifier à sa conscience machiavélique l’identité de celle qu’il espérait voir nue sous sa douche, faible et abandonnée de tous. Cette fois, Eva ne saurait pas venir la sauver, et il presserait plus fort ses doigts longs et fins contre cette gorge qui lui serait entièrement offerte.
Là, il ressemblait vraiment à un esprit, un fantôme hantant les douches des jeunes filles, flottant presque avec sa démarche légère et efféminée, avec son teint pâle, ses cheveux blanc, son œil artificiel noir et inquiétant, ses habits déchirés volant au vent de ses amples mouvements. Un revenant n’aillant pour seul désir qu’une revanche sanglante et létale, qui coulerait tel un fluide sur le carrelage froid de la douche.
Approchant à pas feutré, il tendit l’oreille, poussé par sa maladive curiosité, tout en levant un sourcil, de ceux qui lui donnaient cet air si innocent, si pur et… si inquiétant à la fois.
Et il fut heureux de ce qu’il entendit. Au loin, derrière cette porte unique, il entendait le son de l’eau couler. Le bruit dégoulinant d’une seule douche, unique, perdue dans l’obscurité de cette lumière blafarde rendue presque terne à cause du carrelage. Il se plut à imaginer que ce fut Liz, comme il l’espérait… Aussi, il poussa la porte, lentement, sans un bruit, et entra tel un fauve, à pas de loup, dans l’antre des demoiselles de l’école.
Le vestiaire était vide, toujours aussi distant d’une quelconque réalité que la dernière fois. Comme si ces affreux murs carrelés n’existaient pas réellement, et s’évanouissaient sous la brume vaporeuse qui sortait par volute de la pièce des douches communes, pièce dans laquelle Valentin fut irrémédiablement attiré.
Le seul uniforme plié montrait qu’une seule personne était en train de se doucher, ce qui fit augmenter en lui la croyance qu’il s’agissait bien de Liz, d’autant plus qu’aucune cravate n’était visible dans le petit tas de vêtements qu’il n’approcha pas plus que ça, trop avide de vérifier de son propre œil qu’il s’agissait bien de cette peste à éliminer sans attendre. Il y prendrait plaisir, ô ça oui il y prendrait son pied, à l’étrangler sans qu’elle réagisse, à la tuer et à la voir morte à ses pieds, celle qui avait osé porter atteinte à sa virilité.
Alors, il avança, toujours silencieux, tel une ombre, et il passa le petit pan de mur qui menait aux douches, une nouvelle fois entièrement vêtu de son costume sombre et déchiré. Et là, son œil unique s’alluma de surprise…
Car ça n’était pas Liz qui était devant lui en train de se doucher. C’était une autre jeune élève de l’institut, qu’il ne connaissait pas très bien, qui plus est.
Elle était pleine de savon, la tête baignant dans le champoing, si bien qu’il ne la reconnut point. Soudainement déçu, il serra le poing, mais pas part colère, juste pas tristesse de voir que sa vengeance ne serait pas pour aujourd’hui…
Encore que… Peut-être qu’il pourrait se satisfaire de cette jeune personne… Peut-être… Elle avait l’air si gentille, si petite et innocente, encore. Tel que lui l’était à son arrivée, il y a bien trop longtemps, avant de se faire humilier et maltraiter par les grands de l’école, ses condisciples. Il avait toujours été jaloux d’eux, envieux d’être à leur place, et eux à la sienne. C’était un peu le cas, cette fois. Il était grand, elle petite. Il s’approcha un peu plus, ne disant mot, souriant juste d’un sourire inquiétant alors que son œil bleu ornait son regard d’un mélange d’innocence et de sadisme…
[violet maniaaaa wouhouuuu] _________________  |
|  | | Camille Ecil
Orgueil


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| Sujet: Re: Lendemain d'une spectatrice lointaine Lun 5 Mai - 0:31 | |
| Toujours dans ses pensées, qui avait finit par dériver sur de nombreuses questions sans réponse pour la jeune fille comme : "Et s’il existe des cyborgs, pourquoi pas des extra-terrestres ? Et au fait, quel est le but de cette école ? Et est-ce qu'il y a quelque chose au-dessus du directeur ?...", Camille se rinça le corps, gardant pour le moment le shampoing sur ses cheveux. Elle prenait toujours du temps pour bien les rincer, afin qu'ils ne s'emmêlent pas.
En relevant la tête, il lui sembla voir une ombre sur le mur. Sans s'inquiéter outre mesure - on était dans des douches communes, non ? - elle se retourna. Elle eut un mouvement de recul instinctif devant la taille de la personne d'en face. Elle était grande, et surtout, si proche ! Et puis elle était habillée ce qui ne présageait rien de bon...
Ce n'est qu'après avoir remarqué ceci, une boule d'angoisse se formant dans son estomac, qu'elle vit qu'en plus c'était un garçon. Elle releva la tête vers la sienne, du shampoing lui coulant dans les yeux. Valentin quelque chose... Elle ne le connaissait pas spécialement, mais elle savait qu'il avait redoublé et que le directeur lui avait arraché un oeil. Une histoire qui faisait partie de celles que l'on racontait à l'arrivée des premières années pour les mettre en confiance...
Camille sentit ses yeux la brûler, à cause du shampoing. Aussi, elle se retourna de nouveau et se passa de l'eau sur le visage. En fait, cela n'était certainement pas le danger le plus imminent ici, mais c'était une situation à laquelle la jeune orgueilleuse savait réagir. Mais aussitôt fait, elle se rendit compte de son erreur. Elle ne voyait plus le garçon, elle pouvait donc encore moins se défendre... En fait, elle avait d'instinct appliquer le principe de l'autruche. Elle commençait à avoir peur... Elle devait faire quelque chose...
Rapidement, elle fit un nouveau demi-tour, fit un grand sourire tout-gentil au garçon en levant la tête vers lui et dit d'une voix finalement peu tremblante et aussi sympathique que possible :
"Je peux t'aider ?"
Apres tout, peut-être était-il bêtement perdu. Ou au moins, peut-être serait-il décontenancé par son attitude, ce qui lui laisserait quelques secondes de plus pour heu... faire ses dernières prières ? En fait, elle espérait qu'il soit attendri, tout en ayant conscience que cela n'avait aucune chance d'arriver. C'est en pensant cela qu'elle réalisa sa nudité, sans y porter vraiment attention. La peur était bien plus importante que la gêne. La pensée fugace lui vient que si elle avait été plus vielle, elle aurait pu tenter de le séduire...
[Yeah. Même si dans le cas de Camille j'aurais préféré du rose (bien gnangnan), mais bon, ya pas en prédéfini donc...] _________________
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|  | | Valentin Vlash
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Age : 21 Inscrit le : 21 Jan 2008 Messages : 197 Localisation : Dans un rêve... Métier ou année d'étude : 5ème
| Sujet: Re: Lendemain d'une spectatrice lointaine Mar 6 Mai - 15:40 | |
| Alors qu’il approchait, toujours plus oppressant, la petite se retourna, et eut en toute logique un mouvement de recul en l’apercevant. Il est vrai que Valentin avait de quoi inquiéter, surtout lorsqu’on était une jeune fille seule et sans défense au cœur des douches sordides de cette école du mal. Ses longues mains, son air angélique, mais malsain, ses habits fantomatiques, sa pâleur extrême, son œil de verre, et l’autre, vrai, celui-là, mais tout aussi troublant. Et puis il y avait les rumeurs sur son pouvoir, ce en quoi le Flux l’avait changé. Ainsi on le disait intouchable et dangereux. Nul ne pouvait utiliser son pouvoir sur lui sans s’attendre à des représailles directes et cruelles. On racontait même que le toucher physiquement portait malheur… Encore que ça ne s’était pas vérifié ces derniers temps, ni avec le baiser d’Eva, ni avec les coups bas de cette peste de Liz, bien qu’il cherchait en ce moment même à lui porter un coup de son mauvais sort, à cette jeune prétentieuse… Qui n’était pas là, pour sa plus grande déception.
Ainsi, la jeune fille parut troublée de le voir là, comme effrayée… Mais bien vite, elle se tourna à nouveau, le savon lui piquant cruelle les yeux pour le plus grand plaisir sadique de Valentin, qui voyait ses paupières papilloter sous la douleur irritante du shampoing sur les iris. Si elle pouvait en devenir aveugle, et perdre l’usage de ses deux yeux, il se sentirait mieux, et la justice en aurait été rétablie. Il ne pourrait plus en vouloir à cette jeune fille de n’avoir pas assez souffert pendant sa vie… Encore que la souffrance psychique qu’il avait toujours vécue était peut-être nettement supérieure à la simple perte de deux yeux brûlés dans la douche par un savon trop corrosif…
Mais la petite réagit à temps, et se rinça les yeux pendant qu’il se rinçait l’œil sur ce corps de jeune fille… hmmm… finalement trop jeune et puéril pour l’observer avec désir, c’était certain… Encore qu’il eut pu envier la jeunesse et l’innocence de cette petite qui le défiait en lui tournant le dos comme si elle trouvait normal qu’il erre là dans les douches des filles, à une heure si matinale, mâle et habillé.
Lorsqu’elle se retourna à nouveau, elle gratifia Valentin d’un sourire qui pétillait de bonheur et de sympathie, de gentillesse. Oui, décidément, cette petite était irritablement trop naïve et innocente, trop pure, trop puante de cette bonté dont il n’a jamais pu approcher, bien qu’il l’ait ardemment désiré…
C’est alors pleine d’une surprenante assurance bienveillante qu’elle demanda si elle pouvait aider Valentin. Il plissa les paupières de surprise, et sa bouche forma un ovale discret sous cette proposition qu’il avait si peu entendue de sa vie qu’elle sonnait ici, dans ce lieu, désespérément faux, comme une hypocrisie due à la peur de sa propre personne.
Il ne faisait même pas attention au fait qu’elle soit entièrement dévêtue. Ça ne lui importait que peu, finalement. Et son œil unique fixait avec insistance le visage heureux de cette jeune demoiselle qui faisait naître en lui des douloureuses aigreurs, cette jalousie poignante qui lui serrait l’estomac et faisait naître une boule désagréable dans sa gorge. Cette jalousie dont il portait les couleurs, et qui lui dévorait l’âme. Cette jalousie qui activait chez lui comme un désir de vengeance, de justice à rendre, sa justice, impitoyable et sadique, cruelle peut-être, mais presque inconsciente…
Il ne bougea pas, pour le moment, mais se tint prêt à agir au moindre mouvement de la petite demoiselle. Si elle tentait de fuir, il l’attraperait. Si elle tentait de le frapper, il se défendrait. Si elle tentait de lui faire vraiment du mal, il la tuerait…
Mais pour l’instant, il se contenta simplement de lui répondre, de sa voix d’ange où perçait une folie malsaine et ténébreuse, tourmentée comme une peinture impressionniste, sombre comme un ciel mordoré, tempétueuse comme une mer déchaînée.
« M’aider ? Curieuse interrogation en ce lieu intimement réservé aux plus obscènes pensées… Huhuhu… ça ne serait pas bon… non… pas bon… huhuhu ! Vous pouvez peut-être, ou peut-être pas… Que seriez-vous prête à faire, pour moi ? »
Ses mains s’ouvraient et ses refermaient comme des tenailles prêtes à fondre sur leur cible au moindre doute… _________________  |
|  | | Camille Ecil
Orgueil


Age : 18 Inscrit le : 08 Avr 2008 Messages : 99 Localisation : Au premier rang. Métier ou année d'étude : 1ere année
| Sujet: Re: Lendemain d'une spectatrice lointaine Jeu 8 Mai - 23:18 | |
| Dès que le premier mot de Valentin franchit ses lèvres, le sang de Camille se glaça. Son ton était si... indescriptible. Fou. Il était totalement fou. Cela ne lui laissait aucune chance. Elle grimaça. Elle avait vraiment peur. Il avait tellement l'air hors de toute raison... Elle allait mourir.
Elle angoissait tellement qu'elle ne comprenait pas ce qu'il voulait dire. Pour Camille, ses paroles étaient presque entièrement dénuées de sens... Excepté sa question. A laquelle Camille brûlait de pouvoir répondre, mais elle ne savait pas ce que le garçon désirait. Tout du moment qu'elle pouvait s'en tirait avec un minimum de dommage. Elle ne voulait pas mourir tout de suite...
"Tout ce que tu veux ! Je sais pas moi..."
Sa voix n'était qu'un couinement de peur. Elle avait rentré la tête dans les épaules et la peur se lisait sur son visage. Elle avait totalement abandonné sa tentative précédente, elle paniquait. Elle tourna frénétiquement la tête, cherchant du regard quelque chose qui pourrait contenter son assaillant. Rien... Ses douches étaient désespérément vides. Il n'y avait qu'elle...
Elle. Peut-être pourrait-il se contenter d'un viol, lui qui avait l'air d'un assassin psychopathe en puissance ? Qui sait, les pédophiles sont des fous et puisqu'il était fou... Elle tenta de se redresser un peu, de prendre une pause vaguement aguicheuse... Sans grand succès. C'était son premier essai en la matière, et son corps était tendu de frayeur. Le fait que son corps ne soit même pas encore vraiment pubère - ses seins se devinaient seulement, elle commençait tout juste à avoir quelques poils disparates sur le corps - rendait le tout plutôt grotesque.
Elle abandonna presque immédiatement, sentant qu'elle ne pouvait y arriver. Elle s'en voulait d'être si faible. Elle ne savait plus quoi faire.
Un courant d'air passa et elle se mit à trembler. Le froid passager n'était que déclencheur, c'était bien la peur qui la faisait trembler ainsi. Son regard était au niveau du ventre du garçon, et elle attendait, au bord des larmes, la sentence de Valentin. Sentence qu'elle s'infligeait déjà en partie soit-même. Car cela lui faisait mal de se retrouver si impuissante... Elle aurait voulu mieux se contrôler mais elle se sentait affaiblie depuis la scène qu'elle avait aperçue derrière la fenêtre.
Sans aucun doute, Valentin avait choisi le bon moment pour traumatiser la petite fille qui lui faisait face. _________________
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|  | | Valentin Vlash
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Age : 21 Inscrit le : 21 Jan 2008 Messages : 197 Localisation : Dans un rêve... Métier ou année d'étude : 5ème
| Sujet: Re: Lendemain d'une spectatrice lointaine Ven 9 Mai - 14:19 | |
| Et la peur la plus glaciale se lut sur les traits de la jeune fille. Le fantôme avait fait son effet, et la peur tenaillait maintenant le ventre de cette petite victime d’une folie sans nom, incontrôlable et oppressante dans l’esprit de Valentin, qui ne put que s’orner d’un nouveau sourire sadique, mais toujours aussi angélique…
Il la regardait toujours fixement de son œil innocemment inquisiteur, teinté de sa déraison et de son inconscience des contraintes d’une réalité parfois trop cruelle. Son œil de verre était aussi immobile, et donnait l’impression inquiétante qu’il était tout aussi fixé que l’autre sur la petite élève. Le silence marqua un instant le moment de leur première rencontre, seuls au beau milieu de douches carrelées, un endroit si incongru pour une rencontre entre un garçon de 18ans et une fille de 12ans…
Alors, terrorisée, elle répondit enfin, et sa voix frêle et hésitante se fit presque un murmure perdu dans le bruit de l’eau qui coulait toujours de la douche, mais Valentin n’en perdit pas un mot, proche qu’il était… Très proche…
Elle lui dit, soumise à la crainte de cet individu sordide et aux paroles et gestes emprunts d’une folie sans nom, qu’elle pouvait faire tout ce qu’il désirait, tout ce qu’il pourrait lui demander, et à cet instant, un éclat encore plus inquiétant marqua son regard, cette volonté trop consciente de vengeance extrême, ce déséquilibre entre le réel et le rêve qui venait tout à coup de tout faire balancer du côté du vrai, même les choses les plus aberrantes, même les choses les plus abstraites. Oui, c’est ça qu’on pouvait voir naitre à cet instant dans l’œil unique de Valentin, cette démence qui le caractérisait. Mais elle ne pouvait pas le voir, car elle s’était repliée sur elle-même comme une fleur se ferme au coucher du soleil, par peur de la nuit, par peur du froid, par peur de mourir…
Elle était en position de victime, elle en avait l’attitude. Elle était faible, frêle, perdue, alors que lui était face à elle si sûr de lui. Elle lui parut si innocente, tout à coup. Si gentille, si petite et jeune, si tendre, si naïve… Il se rappela qu’à son âge, il n’était pas loin d’être comme ça, lui aussi. Gentil, calme, peureux, paranoïaque même, innocent et… victime des autres. Ça le touchait presque, de la voir ainsi, et il fut à deux doigts de s’identifier à cette petite fille perdue et triste, seule face à un destin cruel…
À deux doigts, oui, car une autre pensée vint contrecarrer cet élan soudain de compassion et de pitié. Elle n’avait pas vécu pendant son enfance ce que lui avait dû subir. Elle était donc pareille aux autres, un outil de sa vengeance, une personne qui avait eu trop de bonheur et qui ne méritait à présent que de périr pour cette joie volée, celle qu’il n’a pas eue, qu’on lui a sacrifiée. Elle n’avait pas de chance, il était si proche de tout lui pardonner, de se mettre à ses genoux pour la protéger comme un preux chevalier, si maigre qu’il était, lui aussi. Mais non… Sa folie et son désir de vengeance ayant grandit durant toutes ces années, il n’était plus apte à rendre forte cette compassion perdue. Dommage…
Mais même s’il devait se venger d’elle, il savait qu’elle pouvait lui être utile, et qu’il ne pourrait se venger des autres qu’une fois que celle sur qui il avait mis toute sa rancœur aurait payé pour ses actes : Liz McLeabhar.
Alors il pensa, il pensa encore, ne prêtant aucune sorte d’attention aux vaines tentatives de séduction de la trop jeune élève, lui qui n’était déjà pas très porté sur la chose. Il réfléchissait, mais ne tourna pas une fois son regard, toujours fixé avec attention sur le visage de la petite, qui s’était baissé, avec ses jeunes yeux peureux, tremblants.
Alors, il sourit une fois de plus et avança sa main pâle aux longs doigts contre la gorge de la petite, lentement, passant sa manche déchirée sous le jet de la douche, sans tenir compte de son habit mouillé. Il refréna avec difficulté l’envie de saisir cette gorge jeune et fraîche pour l’étrangler sans la moindre sommation, et avec une douceur extrême qu’il se contenta de relever le visage de la petite vers le sien, alors qu’il s’abaissait vers elle comme pour lui parler sous le ton de la confidence, en murmurant, même si sa voix était toujours emprunte de la même folie. Il garda sa main sous la mâchoire de la petite, en un contact présent, mais doux et certainement pas douloureux, effleurant à peine la peau de cette gorge.
« Je sais, je sais comment tu peux m’aider… »
Il mit une impulsion dans sa main pour tourner doucement le visage de Camille pour doucement déposer ses lèvres fines contre sa joue, pour un simple petit bisou, avant de replacer la tête de la petite dans la position droite de départ, tournée vers son regard bigarré. Il continua alors à parler… Toujours aussi lentement…
« Il y a une personne, qui mérite tout le mal imaginable, les pires choses qu’on pourrait faire à quelqu’un. Une personne… huhuhu. Tu la connais peut-être, oui… peut-être. Liz McLeabhar, de l’avarice. Oui, c’est elle, et elle mérite la souffrance. »
Cette fois, il approcha une nouvelle fois son visage de celui de Camille, mais sans le tourner. Il déposa son baiser glacial, mais doux, contre le front de la petite.
« Tu vas m’aider oui. Tu dois m’aider à me venger. Tu dois lui faire du mal, parce que je veux qu’elle souffre, qu’elle ait mal, qu’elle se plaigne, qu’elle s’abandonne à la douleur ou à la mort. Elle le mérite… huhuhu. Et tu vas m’y aider, parce que je te le demande, parce que tu as de la chance d’être avec moi, de mon côté… huhuhu. Parce que si tu me trahissais… »
Il serra ses doigts contre la mâchoire de Camille, plus sec, pour lui faire mal durant une seconde puis, soudainement, relâchant la pression, redevint parfaitement placide, et continuant de parler comme s’il n’avait pas interrompu sa phrase…
« Tu le regretterais, petite… oui, tu le regretterais…Huhuhu. Alors tu le feras, hein ? Tu le feras ? Huhu… »
Et cette fois encore, il avança son visage, doucement, jusqu’à ce que ses lèvres fines se posent sur celles de la petite Camille… _________________  |
|  | | Camille Ecil
Orgueil


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| Sujet: Re: Lendemain d'une spectatrice lointaine Ven 9 Mai - 22:16 | |
| Au moment même où la main de Valentin frôla sa gorge, Camille fermi les yeux et arrêta de trembler. Alea Jacta est. Et son propre sort n’avait pas l’air très brillant… Elle allait mourir étrangler dans les douches.
Elle se prépara à crier – ce qui n’aurait été qu’un vain effort face à la strangulation – mais Valentin se contenta de soulever son visage avec une douceur certaine. Décontenancée, elle ouvrit les yeux et les plongea dans ceux, si étranges, de Valentin. Un œil mort et un œil fou… Et une phrase. L’aider… Ainsi, il ne la tuerait pas. Camille ne pensait pas beaucoup plus que cela, fascinée par le regard étrange du jeune homme, mais surtout trop décontenancée pour avoir une pensée cohérente.
Et elle se vit encore plus décontenancer par la suite des événements. Elle s’était laissée faire, comme un patin dans les mains de son créateur, lorsque celui-ci avait tourné sa tête pour déposer un baiser sur sa joue. Camille comprenait toujours moins le garçon. Camille ne cherchait plus à le comprendre. Sous le choc d’émotions trop intenses et en sachant qu’elle ne pouvait décider de la suite elle n’agissait plus. Elle attendait la suite. Sa respiration était lente et peu profonde. Elle ne prêtait plus attention à l’eau qui lui tombait sur les épaules ou à l’étrangeté de la situation. Et elle fixait de nouveaux les yeux de l’autre, immobile sous sa main, prête à obéir. Elle savait que l’obéissance était sa seule chance de salut. Et quelque part, elle se sentait rassurée par le baiser, sans chercher à l’interprétée. L’ambiance, aussi malsaine soit-elle, était devenue plus complice.
Elle écouta avec patience ce qu’il attendait de lui, sans le comprendre immédiatement. La jeune fille se contentait d’enregistrer ce qui lui était dit. Un nom… Qui lui était vaguement familier, mais elle ne fit pas l’effort mental de l’associer à quoi que ce soit pour le moment.
Un nouveau baiser. Sur le front, geste presque paternel, toujours doux. Tellement loin de ce dont il parla… La souffrance, la mort. La folie contenue dans ses mots rendit Camille un peu plus attentive. Et c’était un ordre sans doute possible. Et Camille était tout à fait prête à faire souffrir autrui pour ne pas souffrir elle-même. C’était presque ce qu’elle préférait dans la vie cette transition de la souffrance. Un sourire, à peine perceptible apparut sur ces lèvres.
Le mérite par contre, la laissait froide. Camille se fichait de savoir si une victime méritait ou non son statut. Mais Valentin semblait reposait là-dessus… Et dans sa situation, elle l’approuvait en tout. De toute façon elle n’avait pas le choix. Elle cligna des yeux en baissant légèrement la tête en signe d’assentiment quand il la menaça.
Elle ne s’attendait pas à un geste si brusque de la part du garçon si vaporeux jusque là. Elle ouvrit de grands yeux sous la surprise et la souffrance soudaine. Qui s’arrêta aussi tôt, comme si de rien était pour formuler plus explicitement la menace, et une question qui ne semblait pas tout à fait en être une pour Camille… Bien sûr qu’elle obéirait. Elle tenait à la vie. Comme pour le prouver, sa respiration se fit pour profonde.
Elle le vit s’avançait vers son visage. Ses yeux se fermèrent doucement quand les lèvres du fou se posèrent sur les siennes. Elle retint son souffle, la bouche toujours entre-ouverte, sans réagir. Elle ne comprenait pas. Etait-ce une promesse, un pacte ? Comme lorsqu’il l’avait embrassé sur la joue, à peine quelques instant auparavant, elle se sentit rassurée. Oui… Elle avait l’impression d’être aspirée dans son univers, hors du reste du monde. Dans l’irréel. Et aussi torturé cet irréel soit-il, il valait tout de même mieux que l’angoisse à travers laquelle la petite fille venait de passer.
Elle recula lentement sa tête, comme pour lui permettre de lui refuser d’une simple pression de la main qui était toujours sur son cou. Elle ne s’éloigna cependant que très peu. Elle ne savait pas quoi faire… elle ne voulait pas le contrarier. Sa respiration reprit, rapide. De nouveaux l’angoisse, l’incompréhension…
Tout à coup, quelque chose lui revint à l’esprit. On racontait que toucher ce garçon portait malheur. Elle n’avait pas tendance à croire de telle chose mais avec le flux et tout ça… Serais-ce pour cela qu’il l’avait embrassé ? Une boule se forma dans sa gorge. Une double menace ? Elle espérait vraiment pouvoir faire souffrir cette… Liz Mc Leabhar. Camille pensait savoir de qui il s’agissait mais elle n’en était pas tout à fait sure. Enfin, ce n’était pas le plus important, elle se renseignerait… Mais ne la connaissant pas elle ne savait pas comment s’y prendre.
Ses yeux, qui avait quelques instants regarder à côté du garçon se reposèrent sur le visage de celui-ci, évitant cependant d’instincts ses yeux, vrai comme faux. Elle voulait garder l’esprit clair.
« Comment dois-je faire pour la faire souffrir ? »
En plus du besoin qu’elle avait de connaître la réponse, elle voulait briser le silence. Quitte à ce que se soit d'une voix mal assurée et pour dire quelque chose de certainement un peu trop naïf. elle voulait agir, enfin. Retrouver un peu confiance en elle. Elle se rappela alors qu’elle était nue, et qu’elle avait toujours du shampoing sur la tête. Elle ressentit d’un coup une gène qu’elle tenta de maîtriser mais ses joues rosissait. Elle aurait voulu se couvrir mais la main du garçon était toujours sur son coup et elle n’osait pas trop bouger… _________________
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|  | | Valentin Vlash
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| Sujet: Re: Lendemain d'une spectatrice lointaine Sam 10 Mai - 12:08 | |
| Camille ne sembla pas réagir lorsque les lèvres de Valentin vinrent se déposer en un court baiser sur les siennes, geste sans sens autre que ce que sa démence lui dictait de faire, comme un contraste avec la force qu’il avait mise juste avant en serrant la mâchoire de la jeune demoiselle orgueilleuse, pour faire oublier la douleur et partager la douceur, la tendresse de ce geste pour le moins équivoque et ambigu, prêtant sans le moindre mal à une confusion spirituelle aigüe et indécise.
Puis, comme pour se défaire de ce baiser, elle recula doucement la tête, sans brusquerie, et Valentin la laissa faire, se redressant lui aussi un peu, mais restant courbé vers l’avant, toujours proche du visage de Camille, la main posée dans un contact léger contre sa gorge, sans la lâcher, sans presser plus fort, juste pour maintenir ce contact avec la victime de sa folie, cette victime concrète et réelle… Qui sembla dès lors à nouveau paniquer, évitant à tout prix le regard si étrange de ce jeune homme si particulier, malsain dans l’innocence de son apparence de victime marquée par une rancœur énorme et pourtant indescriptiblement lointaine et vague. C’était une beauté toute particulière, pleine de cette folie évanescente, car Valentin était loin d’être laid. Il était juste étrange… Et là, dans les douche, parmi les volutes brumeuses de vapeur moite, qui humidifiaient sa peau, ses cheveux, ses habits, et faisaient perler de files et imprécises gouttelettes sur sa peau pâle, l’incongruité de son physique était encore plus marquée.
Il souriait, toujours, de sa fine bouche. Un sourire sincère et énigmatique. On ne pouvait pas le qualifier de sympathique, puisqu’il reflétait aussi des réminiscences de sadisme virulent, mais il n’était pas méchant, ni provocateur non plus. Un sourire de bourreau innocent, qui ignore qu’il fait du mal, qui croit en ses principes et en la justice de ses actes.
Alors, Camille demanda comment elle pouvait faire souffrir la jeune Liz, la maudite Liz, l’exécrable Liz… Et le regard de Valentin, soudainement allumé d’une lueur nouvelle, se dresse fixement vers ceux de la jeune Camille, qu’il fixe intensément avant de relâcher enfin l’apposition contre sa gorge, qui n’avait plus lieu d’être, puisque le jeune fille venait implicitement de donner sa parole, la promesse qu’elle ferait bien le mal qu’il lui demandait.
Alors, il se redressa, satisfait, posant sur les épaules de l’élève de l’orgueil ses deux grandes mains en un nouveau contact tout aussi doux, mais moins oppressant que sur la gorge. Et il lui répondit, encore, de sa voix démentielle, mais calme…
« Il y a mille façons de faire du mal… huhuhu… Je te laisse le bon plaisir de choisir, car plaisir tu devras en tirer… huhuhu. Tu verras, c’est si bon, quand on s’amuse à le faire. »
Puis, il s’agenouilla, sur un genou, rappelant un peu la manière dont les chevaliers se faisaient adouber, ou un amant qui demande en mariage sa bien aimée. Un genou à terre, l’autre relevé, alors que ses mains descendaient le long des bras nus de Camille jusqu’à lui saisir lentement ses petits doigts à travers ses longues mains. Ainsi installé, il était à peine plus petit que la petite, et il lui sourit avec des airs protecteurs, joignant les deux mains de la jeune élève dans les siennes.
« Tu es sous ma protection, maintenant… huhuhu… Il ne peut rien t’arriver si tu ne me cause pas de tort… huhuhu… » _________________  |
|  | | Camille Ecil
Orgueil


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| Sujet: Re: Lendemain d'une spectatrice lointaine Lun 12 Mai - 20:17 | |
| Camille se sentie un peu moins oppressée, mais pas moins gênée, quand le grand garçon – tellement grand par rapport à elle !- lâcha sa gorge. Ce qui lui permit de lui offrir un sourire gêné et un hochement de tête à sa réponse. Elle devrait se débrouiller seule… Il faudrait déjà qu’elle en sache plus sur la fille pour pouvoir « attaquer ». Avarice… C’était son premier indice. Pour ce qui était du plaisir, Camille ne doutait pas qu’elle en aurait. Elle adorait faire souffrir les autres tout en restant à couvert. Mais il lui faudrait trouver le moyen d’être discrète.
Elle fut rapidement coupée dans ses réflexions par un mouvement de celui qui lui faisait face. Il posa les mains sur ses épaules. Camille grimaça. Non que le contact fut désagréable ou douleur, c’était plutôt l’inverse, mais elle était gênée. Ce geste mettait l’accent sur sa nudité, ce qu’elle aurait préférée que le garçon oublie. En posant ses mains sur ses épaules, il avait prouvé qu’il avait conscience qu’elle était nue. Mais il y avait un côté rassurant, presque fraternel dans ce geste. Camille ne savait plus où elle en était.
Et cela empira quand il mit en genou à terre et vint doucement prendre ses mains. Elle aurait à la fois voulu se rapprocher et s’éloigner. Elle baissa – si peu ! - les yeux vers lui, tout en se mordant légèrement la lèvre inférieure. Et il se mit à parler.
Ses paroles provoquèrent un nouveau flot d’émotion à la jeune orgueilleuse. Le voir ainsi devant lui, l’entendre lui promettre sa protection la faisait se sentir délicieusement spéciale. Oui, elle croyait à cette protection, le contact de ses mains sur les siennes semblait le lui prouver. Mais elle entendait aussi la menace… Mais elle ne comptait pas désobéir. Pas si elle pouvait s’offrir un garçon si grand, et dit intouchable de surcroît !, comme allié. Surtout qu’il commençait à lui plaire… Toute la scène présentait une certaine poésie, un certain charme troublé de folie auquel elle était sensible. Ce qui rendait son inconfort encore plus grand. Nue face à un garçon bien plus vieux qu’elle et qu’elle commençait à trouver charmant…
Elle prit alors conscience, presque horrifiée, de ce qu’elle venait de penser. Etait-ce vraiment le moment de se demander si elle trouvait un garçon de… 17, 18 ans ?, charmant ? Certes non. Et il y a à peine quelques minutes elle était terrifiée. Elle se dit qu’elle était décidément bien perturbée…
D’ailleurs, elle devait commencer à en avoir l’air. Depuis que le garçon s’était tu elle n’avait encore rien dit. Elle se décida donc à croasser quelques mots d’une voix déformée par la gêne, en relevant les yeux bien en face d’elle, au-dessus du crane du garçon – presque un homme !
« Je ne te causerais aucun tort. Je le jure. »
La fin de sa phrase avait viré solennel. Certainement plus adapter à la situation. Alors que pour l’instant la position de Valentin n’avait évoqué pour elle qu’une demande en mariage, elle avait fait l’association avec le chevalier qui fait la promesse de servir son seigneur, ce qui avait induit son changement de ton.
Oui un chevalier servant… Voilà une idée qui lui plaisait. Les yeux toujours dans le vague, un mince sourire – mais pour une fois sincère – se fraya un chemin sur ses lèvres. Elle pressa légèrement les mains de celui qui lui avait offert sa protection en sentant des larmes lui remplirent les yeux
Ce ne dura qu’un instant. La gêne et la confusion étaient bien trop présentes dans l’esprit de Camille. Elle voulait que cela s’arrête maintenant… Elle ferma doucement les yeux, tentant de se calmer ce qui libéra une larme sur sa joue gauche. Mais elle-même ne se libéra pas de son malaise. _________________
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|  | | Valentin Vlash
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Age : 21 Inscrit le : 21 Jan 2008 Messages : 197 Localisation : Dans un rêve... Métier ou année d'étude : 5ème
| Sujet: Re: Lendemain d'une spectatrice lointaine Mar 13 Mai - 10:19 | |
| Un long et pesant silence s’installa entre les deux êtres de chair, mais qui n’étaient plus vraiment dans une rencontre réelle. Elle relevait plus du rêve, du songe, de l’illusion fantasque prédite par une imagination un peu trop débordante, telle une marmite bouillonnante qui déborde de bulles et de vapeur chaude. Une rêverie réelle, mais lointaine, et pourtant tellement présente. Ainsi, ce long moment de silence figea l’instant, comme si une photo psychique de cette scène ô combien particulière devait être prise pour être ensuite stockée dans les nimbes d’un esprit tourmenté par une douce démence.
Une étrange communion semblait se produire dans cet endroit si incongru, entre ces deux élèves, ces deux victimes, qui se trouvaient une utilité réciproque, dans un pacte intuitif qui ne demande aucune autre signature que celle de la chair, de l’esprit, de la confiance. Oui, telle était peut-être la signification des baisers que Valentin avait déposés sur le visage de la petite Camille, sur ses joues, son front et ses lèvres, si signification il y avait à chercher. C’était venu naturellement, sans complexe ni réflexion, juste ainsi, sur le moment.
Valentin ne prit pas ombrage de ce silence, qu’il appréciait à sa juste valeur, écoutant juste le bruit de la douche chaude qui était en train de couler, mouillant ses avant-bras et son pantalon posé sur le sol, sous son genou et son tibia. L’instant parut durer une éternité, mais une douce éternité, dont on rêverait qu’elle dure toujours. Tant de tendresse n’était pas une chose coutumière au Val des Ombres, et la petite Camille, même en première, devait aussi s’en rendre compte. Lui, il n’avait presque jamais eu de tels moments, de pareils instants de quiétude…
Mais elle répondit enfin, brisant le silence de sa voix frêle et hésitante, tout comme l’était son corps, ses gestes. Elle promit, elle jura qu’elle ne tromperait pas sa confiance, comme on dit à la femme de sa vie qu’on est follement amoureux : avec un ton frôlant l’évidence même, comme s’il ne pouvait pas en être autrement. Sans doute que non, mais peut-être que si, ce qui ne serait bon ni pour lui, ni pour elle…
Un sourire vint marquer les traits du jeune homme, mais cette fois, il n’y avait plus cette lueur malsaine de sadisme. C’était un vrai sourire, tendre et sincère, même si son œil unique reflétait toujours son désordre mental. Et quand elle sourit à son tour, pressant ses petites mains au creux des siennes, il ferma un instant les paupières pour savourer la satisfaction de cet instant unique, partagé entre eux, alors qu’ils ne se connaissaient même pas, ou à peine de vue.
Lorsqu’il rouvrit ses paupières, pour retrouver un contact visuel avec la jeune fille, il vit qu’elle était troublée, émue peut-être, et que ses yeux s’embuaient de larmes, si mignonne qu’elle était, petite fille fragile dont il fallait prendre soin. Puis elle ferma les yeux, et une larme glissa en dehors, se mêlant aux autres goutes d’eau qui coulaient sur son visage humide. Alors, il relâcha les mains de Camille, et, d’un revers du pouce, il essuya cette larme avec douceur, toujours souriant et réconfortant. Il caressa doucement la joue tendre de la petite, avec lenteur, et tout en lui parlant d’une voix étonnamment calme et rassurante, sans pour autant déroger à son style si particulier…
« Allons, mignonne petite chose, les larmes ne closent que les plus tristes des rêves. En est-ce vraiment un ? Tant de moments peuvent être pris pour des songes, et tant de moments sont pourtant réels. La tristesse n’est pas un bon état d’âme. Huhuhu… Laissons la couler hors d’ici, comme cette petite goutte d’eau s’est échappée de ton regard. »
Et il s’approcha une nouvelle fois d’elle pour n’être plus qu’à quelques centimètres de sa peau nue, toujours à genoux. Alors, il cerna le petit corps de Camille avec ses bras, se mettant entièrement, et tout habillé, sous le jet chaud de la douche, pour l’enlacer avec douceur, ne faisant même plus attention à sa nudité, ou à quoi que ce soit d’autre, d’ailleurs. Il posa sa tête sur l’épaule de la petite, le visage contre sa gorge, et il ferma les yeux, s’abandonnant au moment… _________________  |
|  | | Camille Ecil
Orgueil


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| Sujet: Re: Lendemain d'une spectatrice lointaine Mar 20 Mai - 10:45 | |
| [Désolée d'avoir été si longue, j'étais crevée ces derniers temps, avec pleins de trucs à faire et peu d'inspiration... Et comme chuis pas une boss en RP et que pour moi c'est pas un sujet spécialement facile et ben j'ai préféré attendre un peu...]
Quand le pouce du garçon vint effleurer sa joue pour en chasser une larme, Camille ouvrit les yeux et ceux-ci se plongèrent dans le regard si particulier de Valentin. Il continuait de lui caresser la joue, et Camille oubliait son malaise. L'étrangeté de l'être qui lui faisait face lui semblait maintenant apaisante. Et encore plus quand il se mit à parler.
Elle note d’abord la voix, si calme malgré la folie dont elle se teintait… Le contenu quant à lui, n’était pas moins fort pour la petite fille. « Mignonne petite chose » lui donnait à penser qu’elle ne craignait effectivement rien avec lui. Et les songes… oui, c’était comme ça que Camille se sentait en ce moment, sous les douches avec un étrange personnage, dans un rêve devenu réel, oscillant entre la douceur du songe apaisant et l’angoisse du cauchemar. Mais il se méprenait, elle n’était pas triste. Enfin, elle ne pensait pas l’être. C’était plutôt l’instabilité, le désarroi et peut-être l’impuissance qui avait fait naître cette larme. Mais elle ne contait pas le contredire. De toute façon, ce n’était pas important.
L’important dans tout cela, c’était plutôt que le fou, sans que la jeune élève n’en ait réellement pris conscience, avait réussit à lui ôter toute angoisse. Sa respiration était calme, et son regard ne lui fuyait plus, bien au contraire, ses yeux étaient rivés au sien. Et elle ressentit l’envie de l’embrassait doucement. Oui, c’est ce qui avait dû se passer quelques temps plus tôt… Une simple marque de… confort ?
Elle ne put pousser plus loin ses réflexions – mais elle ne le souhaitait pas – car Valentin se rapprocha alors pour l’étreindre doucement. Le geste la mit dans un état qu’elle ne savait pas décrire. Un bonheur calme mais vacillant, un soulagement empreint de fébrilité…
Elle sentait son souffle sur sa gorge, et cela, plus que tout le reste, finit de la convaincre de la totale bonne foi du fou. Une respiration si simple, si humaine… Sans y penser, elle fit remonter ses mains le long du dos du garçon pour entourer ses épaules. Elle ferma les yeux à son tour, respirant plus profondément encore.
Chacun profitant de ce contact, d’une intimité et d’une confiance que Camille n’avait pas ressentie depuis longtemps… Elle ne chercha pas à savoir depuis quand. Peu importe. Seul le moment comptait. Et elle en profitait.
Ils restèrent ainsi un certain temps, peut-être plusieurs minutes, mais la jeune fille avait perdu toute notion du temps. Tout ce qui la perturbait depuis maintenant plus d’un mois avait disparu dans cette douce étreinte. Avec un soupir de bien-être elle murmura :
« Merci… »
D’une voix sincèrement reconnaissante, fait extrêmement rare de sa part. Peut-être même n’était-ce jamais arrivé. De sa main droite, elle caressa doucement le haut du dos du garçon. _________________
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|  | | Valentin Vlash
Envie


Age : 21 Inscrit le : 21 Jan 2008 Messages : 197 Localisation : Dans un rêve... Métier ou année d'étude : 5ème
| Sujet: Re: Lendemain d'une spectatrice lointaine Mer 21 Mai - 14:20 | |
| [ Aucun soucis pour le temps que tu mets, Mon but premier étant que nous nous amusions tous les deux à écrire les frasques de nos perso, je te suis entièrement dans le fait qu’il faut prendre son temps pour que ça soit fait comme on le souhaite et non se lancer pour répondre compulsivement le plus rapidement possible. ]
La scène était étrange, comme sortie d’un délire démentiel qui ne pouvait trouver sa source que dans une irréalité flagrante et brumeuse. Le décor était morne et blême, aux murs et aux sols carrelés de pâles couleurs fanées. L’atmosphère était embrumée de la vapeur d’eau qui s’échappait en volutes du sol pour se plaquer en fines gouttelettes froides sur les murs lugubres, qui contrastaient avec la chaleur qui régnait dans la pièce qui se laissait embrumer sans réagir, passive et lointaine… Et si déjà elle l’était, alors qu’elle devait être la base concrète et matérielle d’une réalité indubitable, que dire de tout ce qui s’y déroulait, qui découlait d’une fantasmagorie étrange et onirique, remettant en cause toute la morale et les mœurs d’une humanité sans imagination, qui refuse de voir plus loin que la triste fatalité de ce qui se trouve sous leur nez.
Oui, la scène faisait penser à une peinture impressionniste, emplie de sentiments étranges et voilés de leur netteté par la subtilité de l’artiste ayant créé les émotions et leurs aspects extérieurs, leur contenance intérieure et la vague interne qu’elles pouvaient créer à tout moment, invisible, mais plus présente que n’importe quelle évidence dogmatique d’un matérialisme indistinct finalement de toute conception vraie et juste, comme un simple regard, un point de vue, qui pourrait diverger.
Ainsi, deux êtres étaient mêlés, sous une eau chaude et protectrice qui dégoulinait le long de leurs épaules avant de rejoindre dans des bruissements liquides et changeants le sol sur lequel ils semblaient flotter plus qu’être simplement posés. Ce couple farfelu était donc composé d’une jeune fille nue et d’un garçon habillé. La fille était petite, jeune, respirait la frêle fraicheur d’un matin de vie, quand les rayons d’un soleil bénéfique commençaient à se poser sur la beauté naturelle des pétales de cette rose prête à s’épanouir et se développer pour être la plus belle d’entre toutes. Entièrement dévêtue, elle serrait le garçon sans visiblement se soucier de son manque d’accoutrement.
De son côté, le garçon était plus âgé. Bien plus grand, tout en longueur et en finesse, il reposait à genoux devant la petite rose, et comme pour la cueillir de son parterre vide, il l’étreignait dans ses bras vêtus de noir. Il était d’ailleurs entièrement vêtu de noir, mis à part une chemise d’un blanc douteux, pas sale, mais usée, ainsi qu’une lavallière mauve, de la couleur de son envieux péché. Ses vêtements élimés étaient humidifiés par la douche qui coulait sans qu’il en prenne ombrage. Il semblait même ne pas y faire du tout attention. Pâle était son visage et blancs étaient ses cheveux, mouillés eux aussi et collés en mèches disparates sur son crâne touffu. Une coupe de romantique, témoin d’un laisser allez sommaire et négligé. Propre, mais libre et foisonnant telle que la nature la laissait se développer.
Ses yeux étaient fermés, contre la gorge de la jeune fille, et un sourire discret ornait ses lèvres closes. On eut dit à cet instant qu’il pensait à des tas de choses, même si son esprit était tout aussi embrumé que la pièce, invisible masque de complexité psychique. Il pensait amour, il pensait vengeance, il pensait rêve et cruauté, il pensait mort et douce beauté. Il pensait souffrance et volonté, il pensait sang, il pensait sourire. Il pensait pur et pensait sombre, comme autant d’antonymies spirituelles qui voguaient sans grand ordre dans les douces abysses de son imagination.
Il n’avait pas réagi au merci de la jeune fille. Même si intérieurement, il avait tressailli. Il était si peu habitué à ce type de mot, si lointain et étrange dans cette école du Mal. Il avait accueilli les caresses sur ses omoplates sans broncher, sans bouger, serrant toujours doucement la petite.
Puis il avait écarté son visage, gardant son corps pressé contre celui, si frêle, de Camille. Il l’avait regardée, droit dans les yeux, plongeant son regard borgne dans celui, juvénile, de cette première année particulière. Leurs visages étaient si proches… Il pouvait sentir la respiration de la jeune fille sur la peau de sa joue, puis bientôt sur ses lèvres, qui se rapprochaient naturellement de celles de Camille, lentement, très lentement. En fait, c’est comme s’il ne bougeait pas, et que le mouvement de cette union se faisait inconsciemment. Une nouvelle fois, leurs lèvres allaient se rejoindre, avec cette lenteur extrême qui retardait toujours plus l’échéance du baiser…
Qui ne vint pourtant pas… Alors que leurs lèvres allaient se toucher, Valentin eut comme un choc, et fut projeté en arrière, comme s’il avait été durement frappé. Il tomba à la renverse sur le sol mouillé, baignant dans cette peu profonde flaque, et se racrapotant sur lui-même, se repliant tout en geignant, comme si une douleur effroyable s’était emparée de lui.
Oui, quand ses lèvres allaient se poser, il avait cru voir apparaitre sur le visage de la demoiselle un rictus monstrueux, même si en rien ça n’avait été le cas… Et ça n’était même pas monstrueux en soi, d’ailleurs. C’est juste qu’à la place des yeux de Camille s’étaient fixés, rouges et noirs, ceux de Liz, et aussitôt, ses souvenirs avaient ravivé la douleur qui s’était emparée de lui quand elle l’avait frappé, suivie de la douceur forcée du baiser d’Eva.
Il se tordait au sol, soudainement faible et ramassé sur lui-même, geignant silencieusement avec un rictus douloureux collé aux traits. Son imagination avait encore frappé, et elle l’avait frappé dur ! _________________  |
|  | | Camille Ecil
Orgueil


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| Sujet: Re: Lendemain d'une spectatrice lointaine Jeu 22 Mai - 10:58 | |
| Camille avait doucement ouvert les yeux quand Valentin avait bougé. Quand leurs regards s’étaient retrouvés, tout semblait alors évident à la jeune fille. Il lui semblait qu’elle n’aurait pas pu se trouver ailleurs qu’ici, sous cette eau chaude qui continuer de couler sur ses épaules, avec cet étrange garçon. Toujours comme une évidence, elle sentit leurs visages se rapprocher, leur souffle se mêler. Elle savait qu’ils allaient de nouveau s’embrassait mais cette fois-ci l’acte lui semblait parfaitement naturel. Ni bon, ni mauvais. Dans l’ordre des choses. Dans l’ordre de ce rêve de l’atmosphère si étrange…
Mais ça n’arriva pas. A la place, le rêve vola en éclats. Tout à coup, le fou bondit en arrière. Tomba, plutôt… Comme frappé par un coup imaginaire mais puissant. Il était maintenant recroquevillé au sol, geignant. Les yeux de Camille clignèrent. Elle était un peu "sous le choc". L’action avait était si brusque, si inattendu… Elle ne savait pas quoi faire, elle ne cherchait même pas quoi faire, elle était là hébétée…
Non. Elle n’allait pas rester là à faire la carpe. Il fallait qu’elle trouve quelque chose de logique à faire. S’approcher ? Peut-être pas… Vu la rapidité de son changement, il pouvait très bien se montrait soudainement violent. Elle recula légèrement. Se retrouver totalement sous le jet de la douche, elle baissa les yeux vers son corps toujours nu. Oui, il lui fallait s’habiller… Mais elle ne pouvait pas le laisser comme ça. Il risquerait de remettre en question sa protection. Et il était trop vieux, trop puissant, pour que la petite fille accepte de renoncer à son aide comme ça.
A moins que sa folie lui permette d’oublier sa présence ? C’était possible, mais comment en être sur ?
Camille commença par couper l’eau qui commençait à lui faire couler des résidus de shampoing de shampoing sur le visage. C’était un bon début. Elle fit ensuite quelques pas vers une serviette accrochée non loin tout en gardant les yeux fixés sur le corps en souffrance de Valentin. Des fois qu’il se mette à l’attaquer…
Elle se sécha rapidement le visage puis passa la serviette autour de son corps, l’accrochant maladroitement sur le côté et s’aidant de son bras pour la faire tenir. Elle fit un pas en direction du garçon, puis s’arrêta. Elle ne voulait pas approcher plus, de peur qu’il se mette à lancer des coups ou quoi que ce soit d’autres. Peut-être devrait-elle l’appeler ? Mais elle n’était pas trop sure… Il lui semblait qu’il s’appelait Valentin ou quelque chose d’approchant… Mais si elle se trompait ? Ne risquait-t-elle pas de l’énerver ?
Elle jugea le garçon du regard, qui ne la voyait plus. Il avait l’air affaibli. L’air… Comment savoir s’il était réellement dangereux ?
Elle jeta un œil vers la porte. Du bon côté, pas de celui du garçon. Elle pourrait peut-être s’enfuir… Mais la menace de sa main contre sa gorge était encore bien présente dans son esprit. Si elle s’en faisait un ennemi, ce n’était pas seulement maintenant qu’elle risquerait quelque chose.
Peut-être quelqu’un allait-il arriver. Apres tout, elle était là depuis assez longtemps, il devait être plus tard maintenant… Mais elle n’y croyait pas vraiment. La plupart des élèves ne se levaient pas avant 7h, alors se doucher…
Se tenant prête à courir – sans se rendre compte qu’avec la serviette qui risquait de lui tombait dans les pieds ça allait être difficile – elle prononça d’une voix forte, afin qu’il puisse l’entendre du fond de sa folie :
« Valentin ? »
Elle se mordilla ensuite la lèvre, attendant une réaction du garçon, les yeux rivés sur lui. _________________
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|  | | Valentin Vlash
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Age : 21 Inscrit le : 21 Jan 2008 Messages : 197 Localisation : Dans un rêve... Métier ou année d'étude : 5ème
| Sujet: Re: Lendemain d'une spectatrice lointaine Jeu 22 Mai - 16:27 | |
| Il geignait, se lamentait, pleurnichait recroquevillé sur lui-même, se tordant d’une douleur inexistante sous l’impulsion d’une mauvaise pensée, d’une pensée erronée et désastreuse en conséquences, puisque ce mal était bien présent, mais n’était rien comparé à la douleur mentale qu’il s’infligeait de la honte de s’être par deux fois laissé frapper sans répliquer. Plus rien n’avait d’importance, plus rien n’existait pour Valentin, à cet instant. Ni le sol mouillé sur lequel il était tombé, ni l’eau qui s’était arrêtée de couler, ni la jeune fille nue qui le regardait, si faible devant elle, si pitoyable aussi, tombé là sans raison, perdant toute notion de bonne tenue, se laissant aller à une pulsion irréfrénable et malheureuse qui provoquait son état d’abandon…
Il était parti dans son délire, où le sang coulait des murs carrelés pour former une flaque rouge sur le sol des douches, se mêlant à l’eau dans des coloris dilués de rouge et de blanc, la passion et l’innocence, la violence et la paix, le sang et l’âme mêlés ensembles alors que des formes naissaient dans son imagination. Il voyait Liz, ses poignards à la main, commettre les actes les plus immondes, les plus atroces, les plus insensés qui pouvaient exister… Elle tuait, massacrait, étripait et réduisait ses ennemis en amas de chairs sanguinolentes et ignobles… Elle ne faisait part d’aucune pitié, d’aucune rédemption envers ceux qui se dressaient contre elle, se liguant contre ce massacre infect et périssant tout aussi salement, noyés dans leur sang, étranglés par leurs tripes, baignant dans leurs organes éparpillés et déchirés.
À cause de ses visions, Valentin ne percevait plus rien de la réalité toute simple de cette pièce où il était en train de montrer le spectacle affligeant d’un homme se laissant déborder par sa folie, alors qu’il pleurait, et qu’un haut-le-cœur venait de le prendre aux tripes, l’étouffant, lui, suant et mouillé, perdu dans sa démence profonde qui n’avait qu’une cause : Liz McLeabhar, la démone, la suppos de Satan, l’âme du Mal et tout ce qu’elle incarne. Celle qu’il fallait détruire, celle qu’il fallait faire souffrir, ciel mais quel délire…
Et puis une voix, une petite voix fragile, lointaine mais bien présente. Une voix puérile lancée sur un ton condescendant, une voix aigue, une voix de fille, une voix innocente… Et la voix disait son nom. Valentin. Un œil s’ouvrit, le seul qu’il possédait… Et celui-ci se posa sur le carrelage sous lui, alors qu’une dernière larme coulait. Le cauchemar était passé, et tout redevenait normal… pas vraiment normal, en fait, mais calme, bien plus calme que dans ses visions d’atrocité.
Il releva la tête, comme une victime que l’on aurait trop longtemps torturée, et qui serait blasée, désirant la mort et n’ayant plus assez de force pour la demander. Il la vit, dans sa serviette à peine maintenue par son bras frêle. Camille était là, la jeune fille de l’instant d’avant. Exactement la même. Ça n’était pas Liz, c’était l’outil anti-Liz, celle qui allait l’aider pour se venger de cette démone.
Il ne se releva pas… pas tout de suite, du moins. Il la regardait. Simplement, silencieusement, tout en lui souriant. Il n’avait même pas conscience de ce qui venait de se passer… Une conscience intérieure, si, puisque chacun de ses neurones se souvenait encore du choc que ça avait créé sur son intellect biaisé, mais il ne se rendait pas compte de ce que la jeune fille avait vu de lui, ce qu’elle pouvait désormais s’imaginer de lui. Elle le regardait avec insistance, mais il n’était pas mieux, la reluquant de sa posture inconfortable, immobile et implorant.
Puis, dans un geste tout symbolique, il tendit la main vers elle, toujours allongé sur le sol… _________________  |
|  | | Camille Ecil
Orgueil


Age : 18 Inscrit le : 08 Avr 2008 Messages : 99 Localisation : Au premier rang. Métier ou année d'étude : 1ere année
| Sujet: Re: Lendemain d'une spectatrice lointaine Jeu 22 Mai - 18:56 | |
| L’état du garçon avait effrayé Camille bien plus qu’il ne l’avait attendrie. Pour ne pas dire que la jeune fille n’avait vraiment pas tendance à s’apitoyer sur le sort de qui que ce soit, sauf peut-être d’elle-même. Non, elle avait plutôt tendance à voir ce que tel ou tel comportement pouvait lui rapporter ou lui coûter.. Et là, elle ne pouvait pas le savoir. La folie de Valentin allait-elle tourner en sa faveur, comme il lui avait fait pensé quelques instants plus tôt ? Ou son instabilité la conduirait-elle à l’attaquer ?
Elle ne le méprisait pas pour être aussi pitoyable. Cela viendrait peut-être, sûrement même, mais pour l’instant elle avait trop peur pour cela. Oui, Camille était une fille plutôt peureuse. Elle avait du mal à supporter qu’on lui fasse du mal. Elle aimait plaire, quitte à jouer l’hypocrisie. Quitte ? Pas vraiment, non… Etre hypocrite ne représentait pas un sacrifice pour elle bien au contraire. Elle aimait se tenir en retrait des gens, derrière une apparence amicale, dévouée ou admirative.
Et quand ce n’était pas le cas, comme ce matin là dans les douches des filles, elle était facilement déstabilisée. Elle ne savait plus comment réagir et alors la peur et l’angoisse l’envahissait facilement, coupant court à ses pensées rationnelles. Plus tard, elle s’en voudrait sûrement d’avoir été si hésitante, si sentimentale.
Sauf si elle n’échouait pas. Si elle arrivait à s’assurer réellement la protection d’un garçon certes instables mais bien plus puissants qu’elle. Forcément, elle avait à peine douze ans… et demi.
Quand elle se décida à prononcer ce qu’elle pensait être son nom, le garçon en proie à des souffrances que Camille n’imaginait pas réagit. Il ouvrit un œil. Le seul nota mentalement la petite fille, que cette pensée mettait quelque peu mal à l’aise. Son attitude changea alors presque immédiatement, comme lorsque l’on se réveille d’un cauchemar et que, avant de savoir que ce n’était qu’un rêve, celui-ci s’évapore. Il cessa de geindre, se fit un peu moins ramassé sur lui même, releva la tête.
L’expression de son visage choqua Camille. Il donnait l’impression d’avoir réellement souffert. Par quel rêve tordu avait-il était fauché ? La petite orgueilleuse n’était pas ure de vouloir le savoir. Par crainte… Pas tellement par crainte du contenu du rêve mais…
La fille était sans aucun doute trop jeune pour s’en rendre compte mais elle avait peur de s’engager dans la vie de Valentin. Il ne devait pas exister trop pour elle. Assurer sa protection en échange d’un ou deux service, un instant de paix partagé dans les douches, okay. Mais entrer dans les limbes de sa folie, c’était beaucoup trop pour elle.
Il sentit qu’il la regardait, comme pour se rendre compte de qui elle était vraiment. Cette fois-ci, elle aurait aimer savoir ce qu’il pensait, comment il l’identifier. Qu’était-elle pour lui ? Qu’allait-il attendre d’elle maintenant ?
Il restèrent ainsi face à face, à se jauger du regard, trop absorbés par les questions qui fusaient dans leur esprit – au moins dans celui de la fille – pour voir le temps passer.
Et le corps redevenu homme se déplaça. Toujours la regardant, Valentin donc, elle avait raison…, tendit la main vers elle. Il lui demander son aide ? Pour se relever ou bien était-ce plus symbolique, comme pour lui demandait de prendre soin de lui ?
Elle ne le savait pas. Mais elle s’exécuta. Elle espérait qu’il ne prendrait pas cela comme un engagement trop profond… Elle voulait lui plaire, pour qu’il puisse à son tour la soutenir. C’est qu’elle avait l’habitude de faire. Mais en le voyant si faible, elle se demandait si elle avait été bien inspirée…
Elle fit les deux pas qui la séparait du garçon puis se pencha légèrement vers lui, attrapant son poignet tendu vers elle. Elle attendit qu’il referme à son tour ses mains sur son bras pour le tirer.
Elle s’attendait à ce qu’il soit plus lourd que ça. Bien sûr il n’était pas bien gros mais il était tellement grand ! Serait-il vraiment plus faible que ce qu’il en a l’air ?
Pour se forcer à ne pas laisser voir les pensées qui s’agitaient en elle, elle lui sourit. D’un sourire un peu désolé, mais encouragent. Un sourire de circonstance. Certainement le domaine où Camille était la plus douée. _________________
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