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| | Lendemain d'une spectatrice lointaine | |
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Valentin Vlash
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Age : 21 Inscrit le : 21 Jan 2008 Messages : 197 Localisation : Dans un rêve... Métier ou année d'étude : 5ème
| Sujet: Re: Lendemain d'une spectatrice lointaine Ven 23 Mai - 11:10 | |
| La main tendue vers un espoir indicible, Valentin attendait sans dire mot visible. Immobile comme une statue, n’esquissant pas le moindre geste de faiblesse, restant stoïque sous la gêne qui aurait pu l’accaparer, il restait là à la regarder en silence. La regarder elle, si petite, si fragile, si frêle et si… indescriptiblement attirante. Pas comme une attirance physique, ni même comme une attirance sentimentale… C’était un tout autre type d’attraction… Il voyait peut-être en elle une sauveuse, ou tout simplement l’outil de sa vengeance. Il voyait en elle la liberté, le bien et la bonté. Il ne pouvait se dire qu’elle aussi, après tout, était une élève du Mal, et qu’il y avait sans doute une raison à ça… Il l’avait totalement occulté pour faire de Camille son angelot de l’endroit, comme invisible aux autres personnes, mais présente pour lui, pour le guérir de sa folie, pour le soigner de sa soif de sang, de mort et de souffrances. Autant Liz était devenue son Démon intérieur, le Mal Ultime, autant Camille allait peut-être devenir son Saint-Esprit, son éminence grise, son ange-gardien. Et comme tout ange gardien, il lui confierait protection et amour, ainsi que tout ce qu’elle mériterait…
Le silence était retombé, et les dernières gouttes de la douchent finissaient par tomber dans la flaque formée sur le sol dans des ‘plic…plic…plic…’ réguliers et agaçants. Silence macabre s’il en était, puisqu’il s’éternisait un peu alors que la demoiselle hésitait. Il devenait long, et le sourire figé de Valentin, son regard immobile comme si d’un coup, il était devenu statue de sel, mort embaumé ou pétrifié, résonnaient comme autant d’indices quelque peu macabres…
Plus aucune douleur ne se lisait dans ses yeux. Plus aucune peur. Juste la folie et la confiance, l’abandon à une innocence malsaine… Comme avant, comme il était devenu, dans cet endroit maudit qu’est l’Ecole du Flux.
Alors, elle bougea, avança enfin vers lui pour doucement lui attraper le poignet afin de l’aider à se relever, à se mettre debout, et la symbolique de ce geste d’aide (presque) spontanée, ou tout juste invité resta profondément en lui, dès ce moment. Elle était sans doute bien la personne qu’il croyait… Une Jehanne d’Arc venue bouter Liz hors de sa vie, un messie, un messager d’un divin trop lointain dans cet enfer de cruauté.
Il retrouva la position verticale avec une déconcertante facilité. Non pas que la petite eut une force titanesque, ni même qu’il fut plus léger qu’une plume, mais c’était l’union de deux forces unies dans le même but, l’assemblage de deux volontés, l’une soumise à l’autre, dans un objectif identique et réciproque. Voilà ce qui avait été aussi simple dans son redressement. Et maintenant, alors qu’elle lui souriait presque avec pitié, il était de nouveau face à elle, la toisant de toute sa décadente grandeur avec son air malsain. En se relevant, il avait retrouvé en un instant la position de supériorité qu’il avait sur Camille, et son regard reprit une teinte sadique, contrastant étonnamment avec le regard empli de compassion et de tristesse qu’il lui avait lancé auparavant.
Sa voix résonna à nouveau, alors qu’elle lui faisait face. Si elle était douce, bien qu’emplie de sa si particulière démence, elle était semée comme une nouvelle menace…
« Tu vois, petite chose, le mal qui pourrait t’arriver si un jour tu me trompais, si un jour tu ferais une erreur dans ton jugement, si un jour tu t’alliais à l’incarnation du Diable. Alors tu serais prise de ces visions, de ces douleurs, et nul Valentin ne saura être là pour veiller à ton repos paisible. Huhuhu… Un cauchemar, je serais… »
Et il continua à la regarder de toute sa grandeur. Ayant habilement retourné la situation à son avantage… Il ne faisait aucun doute que le sourire désolé de la petite adolescente allait certainement se modifier, pour son plus grand plaisir. Il détestait qu’on le regarde avec pitié. Il voulait qu’on le voit avec respect, avec envie, comme lui avait vu les autres jusqu’à maintenant… _________________  |
|  | | Camille Ecil
Orgueil


Age : 18 Inscrit le : 08 Avr 2008 Messages : 99 Localisation : Au premier rang. Métier ou année d'étude : 1ere année
| Sujet: Re: Lendemain d'une spectatrice lointaine Lun 26 Mai - 23:31 | |
| A peine le garçon fut-il debout que la situation changea. Dès qu’il domina Camille de toute sa haute, il reprit sa position de force. Oublié la faiblesse et les geignements… Le sourire de Camille se fit plus discret.
Et ses paroles scellèrent sa domination. Une nouvelle menace… Camille avait été bien sotte de croire qu’elle avait un quelconque choix. Elle n’était qu’une marionnette sous les doigts de ce garçon…
Un frisson lui picota la nuque. Un cauchemar. Elle le regardait dans les yeux à ce moment-là et vit la folie sadique qui l’animait. Un cauchemar… Elle ne doutait pas que ce fut possible. La peur fébrile qui l’animait quelques instant auparavant s’était de nouveau transformée en une angoisse sourde pesant dans son estomac. Elle était engagée dans cette voix et ne pouvait plus en sortir. Du moins, avant longtemps… Elle n’avait pas voulu cela. Mais elle devait faire avec… Pour le meilleur et pour le pire. Oui, c’était exactement ça. Elle prenait la protection, elle acceptait la soumission.
Et comme Valentin s’y était probablement attendu, son sourire disparu. Elle se sentait piétinée, prise au piège de ce fou trop grand. Son attitude ne faisait que le grandir encore pour Camille qui avait alors totalement occulté la vision de ce même garçon tout recroquevillé sur le sol. L’envieux avait cette capacité toute particulière de pouvoir, par sa charismatique présence, captiver entièrement une petite fille perturbée.
Elle baissa la tête, honteuse. Pourquoi ? Elle ne savait trop… Théoriquement, elle n’avait rien à se reprocher, non ? Mais selon les règles absurdes de Valentin elle avait dû faire quelque chose de mal, puisqu’il la menaçait… De nouveau, des larmes embuèrent ses yeux. Elle ressentait maintenant le besoin impérial de lui plaire. Un besoin à la fois raisonnable – elle ne voulait pas souffrir – et à la fois instinctif et inexplicable. Tout ce qu’elle savait c’était qu’il avait bien trop d’emprise sur elle… Dès qu’il était debout, elle se sentait incapable de penser clairement.
Elle hocha doucement la tête, alors que l’eau qui emplissait ses yeux se résorbait. Elle ouvrit la bouche pour parler, s’excuser peut-être ou ajouter quelque chose, mais elle la referma sans trouver ses mots. Elle voulait lui assurer que jamais elle ne le trahirait, mais elle ne savait pas comment faire une promesse sincère. Qu’elle n’était en plus pas sure de pouvoir tenir. Et oui, si jamais il se passait quelque chose du même genre avec cette Liz ?
Elle était maintenant plus calme, la vague soudaine d’angoisse était quelque peu passée. Elle releva la tête vers lui, et fit un nouveau hochement de tête bref. Un très mince sourire apparut sur ses lèvres. Un sourire poli peut-être. En tout cas, il n’était pas chargé de signification. De nouveau, elle voulut confirmer son engagement par des mots mais ne pu le faire. Elle se contenta donc de lâcher un léger soupir en baissant les yeux.
Elle vit alors ses mains. Elle aurait aimé qu’elles prennent de nouveau les siennes, comme tout à l’heure… Comme ça, elle aurait pu prouver sa bonne foi.
Presque malgré elle, sa main gauche vint effleurer les doigts de la main droite du garçon. Elle n’osait pas lui imposer quoi que ce soit mais ce contact lui faisait du bien. C’était moins distant, mois surfait, plus instinctif que les mots. Et en ce moment, Camille marchait à l’instinct.
Pour autant, au fond d’elle-même, elle pensait bien que ce garçon n’était clairement pas parfait, et elle savait – elle l’avait vu – qu’il avait d’énormes faiblesses. Mais elle ne se sentait presque pas concernée par ces pensées. Etrange certainement, mais naturel néanmoins. Il y avait trop d’émotion en elle pour que la raison puisse se frayer une place.
Et le bout des doigts de Camille se refermèrent contre ceux de Valentin. Un contact doux, mais qui ne trahissait aucune hésitation. Dans un souffle elle murmura :
« Je suis avec toi… »
Ses yeux regardaient sans le voir le symbole de son péché, sur la main qu’elle touchait. Elle était comme abrutie par ses propres émotions qu’elle était encore trop jeune pour comprendre ou maîtriser.
Puis, sa serviette commença à lentement se détacher, son bras ne la soutenant plus. Elle pressa alors son coude contre son corps, pour éviter de se retrouver nue. Ce qui lui fit réaliser la situation dans laquelle elle se trouvait.
Le contact de leurs doigts lui sembla soudainement moins naturel, voir vaguement ecoeurant. Elle retira sa main doucement, espérant qu’il ne sentirait pas son changement. Elle cessa de respirer quelques instant. Elle était terriblement gênée et ne savait que faire. Ses épaules se contractèrent, elle se mordilla la lèvre inférieure.
Et maintenant ?... _________________
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