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| | Soirée en famille [Leviaz] | |
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Violette McGuire
Médecin Scolaire


Age : 19 Inscrit le : 12 Mar 2008 Messages : 300 Localisation : Infirmerie, appartements de Caliban ou de Salluste XD Métier ou année d'étude : Médecin Scolaire -celle qui donne les ordres-
| Sujet: Re: Soirée en famille [Leviaz] Lun 19 Mai - 19:49 | |
| (Un post complétement pourris pour faire partir Violette, je pourrais jamais faire mieux mdr)
Violette regardera la petite famille avant de lacher un soupire. Elle ira ranger tout son matériel et retirer les gantssi ce n'était pas déjà fait. Elle regardera Caliban un instant, ducoin de l'oeil avant de secouer la tête. On doit sortir ses idées de la, tu mérite beaucoup mieux Violette. Ca c'était sa conscience qui parlait lol. Elle prit sa valide dans les mains, enfin elle allait le faire quand on lui parlera. C'était la voix de Margaret. Violette relevera la tête vers celle ci avec un petit sourire avant de répondr d'une voix rassurance
Ne me remerciez pas, je suis ici pour ça Madame. Si ca s'agrave, apellez moi de suite
Elle lui sourira et inclinera la tête avant de regarder Caliban qui lui parlera. Ouai, les jours de congés elle s'en fiche, tant que Nix va bien ca lui va. Elle soupira alors de nouveau puis répondra. Sa voix ne se fit pas rassurante comme pour Maggie, mais séche et froide. Elle se redressera correctement, restant bien droite. Elle voulait montré que le fait qu'elle se sentat trahi ne change pas ses aptitudes médicales et encore moins son sérieux. Violette n'était pas idiote. Et jamais elle ne pourrait brisé une famille pour elle. Et après on dira qu'elle a étudier au Val ! Ca ne se voit surtout pas dans sa méchanceté.
Je suis payée pour ça
Elle reprendra la route vers la sortie des appartements. Une démarche habituelle, sexy mais non pas vulgaire. Elle voulait rester forte, au moins jusqu'à ce qu'elle sorte d'ici. Cette pièce lui rapelle telleent de chose.. Et beaucoup d'entres elles lui brise le coeur. Elle baissera la tête avant de poser sa main sur la poignet. Un soupire puis elle ajoutera.
J'ai des dossiers à finir, veuillez m'excusez.. Bonne soirée
Et la voilà qui sortira avant de reprendre la route de son infirmerie en serrant les poingts. Une fois dans le couloir, c'est quelques gouttes qui viendront couler le long de sa joue blanche. Elle les effacera dun revers de main, laissant pourtant ses prunelles devenir rougeâtre. Puis elle sourira. Un jolie sourira. Elle sait ce qui lui reste à faire. Touner la page et faire ce qu'elle sait faire de mieux : Soigner et séduire.. Mais malgré cela, une partie d'elle appartiendra a jamais à son directeur. _________________
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|  | | Margaret Leviaz
Dirigeante des F.


Age : 20 Inscrit le : 27 Mar 2008 Messages : 66 Localisation : Si on te le demande, tu diras que tu n'en sais rien... Métier ou année d'étude : Adulte
| Sujet: Re: Soirée en famille [Leviaz] Lun 19 Mai - 23:35 | |
| [HRP : mais qu'est-ce que tu racontes ? C'était très bien^^]
Margaret ferma doucement les yeux, et inspira profondément ce qui lui sembla être de l’air à l’état liquide. Tout était si trouble, qu’elle avait la sensation nette et oppressante d’avoir été plongée la tête la première dans les eaux les plus froides et les plus abyssales qui puissent exister. Pas une once de lumière diffuse, rien ne filtrait autour d’elle… Comme si ses cinq sens avaient pris la décision de l’abandonner, petit à petit, les uns à la suite des autres. Non, pas tous… Il lui restait ce toucher, si doux, sur le front de son enfant. Le seul contact physique avec un monde qui était devenu entièrement hostile à présent. Tout paraissait s’échapper. Comme si tout ne tenait en place que par la seule respiration irrégulière de Nix. Tout… ou bien juste elle.
Son instinct de mère était si mis à mal qu’elle le sentait se courber, et tomber à genoux… Vaincu ? Non, il ne fallait pas… Mais que fallait-il faire, bon sang ? Rien. Rien d’autre que caresser ce front maladif. Et prier. Prier de toute la force de sa volonté pour qu’on épargne sa petite fille. Pour qu’on la laisse vivre les longues années qui l’attendaient encore. Celles que Margaret avait déjà connues… Oh, elle aurait donné toutes celles qui lui restaient à vivre, en l’échange de celles que Nix risquait de ne jamais voir. N’y avait-il donc aucun moyen de prendre ce mal qui l’attirait vers un gouffre glacé ? Elle aurait tellement voulu que ce soit-elle, allongée sur ce canapé… Cela n’aurait pas été si grave… Cela aurait normal, non ?... Aucun parent ne devrait avoir à subir ce genre d’épreuves. Aucun parent ne devrait avoir à vivre sans son enfant… S’il fallait qu’un membre de cette famille ne survive pas à tout ce qu’il s’était produit, il fallait que ce soit elle, Margaret…
… Car au fond… elle était la seule qui avait commis les véritables erreurs, en toutes connaissances de causes. Une larme salée glissa le long de sa joue, et jusqu’à ses lèvres closes. Son cœur cognait fortement contre ses côtes, attisant une vérité qu’elle ne se refusait plus de voir… En vouloir à Caliban c’était... un moyen de cacher sa propre faiblesse. Son époux avait peut-être fait des choses horribles… des choses que personne ne pourrait jamais pardonner… Sauf Margaret. Parce qu’elle le connaissait par cœur… Parce qu’elle savait qu’il n’était pas conscient de ses propres actes. Lui aussi, était malade… Il n’y avait qu’elle, pour ne pas avoir fait ce qu’il fallait. Elle, qui aurait dû rester pour le soigner. Pour les soigner… Au lieu de cela, elle avait fuit. Et aujourd’hui, c’était Nix qui payait pour ses propres erreurs. C’était impossible, elle ne pouvait pas le permettre… D’une main tremblante, elle chassa cette larme isolée sur sa joue, et rouvrit les yeux, pour frissonner légèrement.
Elle n’avait pas pris conscience de la proximité de Caliban, qui était lui aussi au chevet de Nix, et caressait le front de la jeune fille… Margaret n’osa pas lever les yeux vers lui. Pas le courage d’affronter un chagrin qu’elle devinait plus qu’elle ne voyait sur son visage. Ce serait un coup encore plus douloureux… Elle n’avait pas la force d’en subir encore. S’il lui apparaissait aussi brisé qu’elle pouvait l’être, alors elle perdrait ses derniers repères. La dernière chose qui la raccrochait à une volonté de fer si malmenée… Malgré toute son amertume, malgré toute cette envie de ne plus dépendre de lui… C’était de lui, et de lui seul qu’elle puisait encore la force de ne pas baisser les bras. Cela avait toujours été ainsi… Elle l’avait seulement oublié.
Ses doigts, qui caressaient tendrement le front de Nix, effleurèrent ceux de Caliban, et Maggie interrompit aussitôt son geste, s’immobilisant avec une netteté douloureusement parfaite. Une sorte de décharge électrique lui parcourut le bras, jusqu’à rejoindre son cœur, puis elle avala difficilement, et se força à redresser la tête, lorsque son mari se remit debout pour prendre congé du médecin. Elle ne put soutenir bien longtemps la vu de ce géant brisé, qu’elle ne comprenait que trop bien, et fit glisser son regard jusqu’à Violette, à qui elle adressa un doux sourire, dénué de toute animosité. Cette jeune femme n’avait peut-être pas sauvé Nix d’un sort qu’elle ne méritait pas, mais elle avait rassuré ce côté anxieux de mère… Et Maggie lui en était infiniment reconnaissante. Aussi esquissa-t-elle un petit signe de tête amical en guise de remerciement, tandis que le médecin rangeait ses affaires et quittait la pièce, après avoir adressé à Caliban des paroles étrangement froides et neutres.
- Merci... encore, mademoiselle...
Et Maggie se retrouva de nouveau seule au chevet de Nix, dont elle ne voulait plus s’éloigner, par peur de la voir la quitter subitement… Peur irrationnelle, sans doute… Non, peut-être pas… Caliban s’était installé sur une des chaises de la salle à manger. Encore une fois, Margaret devinait ses faits et gestes, mais n’osait pas le fixer directement. Non pas pour lui faire du mal, ou pour lui montrer qu’elle lui en voulait de ce qui arrivait… Mais pour ne pas le savoir aussi triste, inquiet et coupable qu’elle-même. Ressentir ce qu’elle ressentait, c’était encore supportable… le voir en écho sur le visage de son mari ne l’était plus. C’était si égoïste… Elle s’en voulait.
Tout comme elle s’en voulait d’éprouver subitement le besoin de serrer Caliban dans ses bras. Sentir son corps rassurant contre le sien, cette chaleur, signe de la vie qui l’habitait… Ce besoin d’être sûre qu’il ne s’agissait pas d’une illusion. Qu’il était bien réel, entre ses bras. Au moment précis où cette pensée atteignait finalement une conscience qui la repoussait de toutes ses forces, la voix de son mari détourna fort heureusement son attention vers ce qu’il lui disait. Margaret cligna des yeux, semblant émerger d’un songe qui la laissa interdite… Puis elle sourit. Pourquoi ? Elle n’aurait su le dire… Mais la proposition de son mari qu’elle dorme avec Nix pour veiller sur elle la toucha d’une manière qu’elle n’avait nullement prévue… Ses lèvres se mirent légèrement à trembler, et ce fut grâce à de sublimes efforts qu’elle parvint à aligner quelques mots qui lui parurent incroyablement cohérents, compte tenu de la situation :
- Je… Oui… Merci beaucoup, c’est… très gentil.
Mais qu’est-ce qu’elle racontait ? Sa voix avait un accent qu’elle ne lui reconnaissait pas, secouée de sanglots invisibles qui tardaient à pointer le bout de leurs nez. Elle détestait cela. Tout comme elle détestait devoir se contenter de caresser la joue de Nix en espérant qu’un geste si désuet accomplisse soudain un miracle. Mais elle se sentit rassurée… Rassurée de savoir qu’elle allait pouvoir veiller sur le sommeil de sa fille. Elle-même, n’avait nulle intention de dormir. Elle ne pourrait tout simplement pas, persuadée que l’inquiétude la maintiendrait éveillée, quoi qu’il advienne. C’était sans doute surestimer les capacités physiques d’un corps épuisé. Mais pour l’instant, le corps en question ne protesta pas…
… Il se contenta, en revanche, d’un violent sursaut lorsque la peau de Nix changea à nouveau de couleur … ce qui eut pour effet bien singulier de changer également la couleur du visage de sa mère, qui vira à un verdâtre fondamentalement inquiétant. Margaret bondit sur ses pieds, laissant échapper un faible cri de surprise et d’horreur mêlé, devant cette œil que Nix ouvrait dans sa direction. La voleuse sentit un haut-le-cœur la prendre, plaqua une main sur sa bouche et ferma les yeux. Dans un geste purement instinctif, elle se recula de quelques centimètres pour laisser Caliban fondre jusqu’à sa fille… croyant peut-être naïvement qu’il pourrait faire quelque chose à ce qu’il se produisait.
Non… Il ne put qu’être aussi désespéré qu’elle-même. La respiration de Margaret se bloqua dans sa gorge… Elle voulut hurler, mais se trouva aussi muette qu’impuissante. Là, au milieu de la pièce, les bras ballants le long de ses hanches, ses cheveux retombant en bataille sur ses épaules, elle ne ressemblait à… rien. A rien d’autre qu’une mère privée de sa fille. Ou en passe de l’être… ce qui était encore pire. Elle ne comprit pas ce qu’il se passa lorsque ses jambes prirent l’initiative de bouger d’elles-mêmes, pour suivre en chancelant Caliban jusqu’à la chambre où il mena Nix.
Fébrilement, elle se laissa retomber sur le bord du lit, ses yeux vitreux observant sans le voir son mari qui caressait tendrement le front de son enfant… Son enfant qui… qui fit apparaître, l’espace d’un bref instant, un nuage de papillons éphémères, sous le regard hébété de sa mère. Margaret n’eut que le temps d’entre ouvrir la bouche sous la surprise, avant que l’image ne s’évapore déjà, lui laissant comme une impression d’irréalité et de confusion… Elle se demanda même si elle ne les avait pas rêvés, ces papillons… La fatigue, sans doute. Tout était si confus.
Maggie se surprit à se masser les tempes en esquissant une grimace douloureuse… jusqu’à interrompre son geste au moment où la voix faible de Nix s’éleva dans la pièce, arrachant un voile… Arrachant une peur, celle de ne plus jamais l’entendre. Une lueur magnifique s’anima dans le regard las de Margaret, qui se posa à nouveau sur le visage de son enfant maladive… prononçant des paroles étranges. La voleuse fronça les sourcils, et sentit un frisson dont elle aurait préféré ne pas être consciente s’immiscer le long de sa colonne vertébrale, devant l’idée que venait d’énoncer sa fille.
Elle osa un regard en coin vers Caliban, qui ne dura qu’une fraction de seconde de faiblesse, avant qu’elle n’avance une main vers la bouche de Nix, pour essuyer tendrement ce sang grisâtre qui y coulait, avec une paresse terrifiante. Ce fut à peine si elle se rendit compte que c’était elle qui murmurait alors :
- Chut ma belle… Je suis là… Tout près de toi, et je reste ici… Je vais dormir juste là, d’accord ?
Elle n’attendait bien sûr pas de réelle réponse, vu l’état de sa fille, mais la question était évidemment rhétorique, et n’avait pour but que de rassurer l’adolescente de la présence de sa mère, tout près d’elle. Margaret se mit en devoir d’installer le plus confortablement du monde son enfant, la bordant d’une manière bien trop maniaque pour ne pas trahir d’un embarras étrange. Avec une douceur irréelle, elle se pencha vers Nix, et déposa sur sa joue un baiser tiède et apaisant, tout en lui murmurant à l’oreille :
- Je veille sur toi, n’ai pas peur ma chérie… Fais de beaux rêves… Et reste avec moi.
Elle glissa sa main dans celle de la jeune fille, la serra tendrement, puis s’éloigna à peine d’elle, pour lui laisser un peu d’espace et se sentir aussi à l’aise que possible. Là, à demi allongée sur le lit, les jambes légèrement repliée vers elle, Maggie s’appuya sur un coude, puis se redressa complètement, laissant couler l’or de ses cheveux le long de ses hanches. Son regard aux magnifiques teintes qu’elle avait transmis à sa fille se redressa vers celui de son époux. Ses lèvres tremblèrent… Il y eut un bref un instant d’hésitation. Un instant vertigineux d’appréhension… puis la chute, si simple.
Maggie releva la tête, et approcha son visage de celui de Caliban, pour déposer un baiser irréel sur sa joue, à un ou deux millimètres seulement de ses lèvres, comme si elle avait longuement hésité à l’embrasser réellement, pour perdre pied au dernier moment. Sa joue était humide des larmes qu’elle avait versées, mais inexplicablement douce. Il y eut un soupir, qui s’échappa de ses lèvres, pour caresser la joue de Caliban, puis elle s’éloigna aussi rapidement, comme si elle venait de se brûler. Ses joues, d’ailleurs, avait pris une teinte un peu plus rassurante comparée à sa pâleur d’il y avait quelques secondes : un rose attendrissant.
Elle se contenta de bafouiller, comme en excuse à un geste qu’elle-même n’arrivait pas à comprendre :
- Bonne nuit, Cal…
Oui, c’est ça, bonne nuit… Il fallait qu’elle évite de frissonner, qu’elle évite d’avoir cette envie insupportable d’un câlin rassurant, qui, elle croyait le savoir, ne lui apporterait que des complications. D’un autre côté… Et si… et s’ils ne pouvaient apaiser leurs inquiétudes que l’un avec l’autre, et non pas l’un envers l’autre ? Margaret secoua légèrement la tête, et se coucha complètement contre Nix, rabattant les draps sur elle… Ne pas y penser… Veiller sur sa fille… C’était la seule chose qu’elle avait encore le devoir de faire. _________________
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|  | | Caliban Leviaz
Envie ~ Directeur


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| Sujet: Re: Soirée en famille [Leviaz] Mar 20 Mai - 2:36 | |
| [HRP : Je ne compte pas répondre avec Nix maintenant, parce que j'ai pas grand chose à dire, donc à toi ^^]
Il connaissait suffisamment bien Violette pour savoir, quand elle partit, que quelque chose n'allait pas. Le charme de la jeune femme n'était pas celui qu'elle laissait apparaître d'habitude, avec lui. Elle venait de s'éloigner. Si Nix n'avait pas été dans un état maladif, proche de la mort, s'il n'avait pas craint de perdre sa fille, peut-être aurait-il réagi différemment. Pour l'instant il n'avait pas le choix : il devait demeurer aussi immobile qu'il l'était à cet instant précis, aussi froid, aussi lointain, et espérer que quelque chose passe par son esprit analytique, quelque chose qui pourrait, soudainement, lui ouvrir suffisamment les yeux pour qu'il puisse trouver une solution, la solution qui sauverait son enfant. Caliban était en train de chercher, du plus loin qu'il puisse s'en souvenir, ce qui pourrait tout changer.
Le médecin partit, donc, il ne déposséda pas de son attitude si franche, malgré ses craintes, malgré ses sentiments qui brouillaient son esprit. Dans la chambre, il s'aperçut que Margaret avait l'air particulièrement douce avec sa fille, et se félicita d'avoir bien décidé en les laissant toutes les deux. Il connaissait suffisamment bien Nix pour savoir que, si jamais elle reprenait conscience, elle saurait elle aussi prendre soin de sa mère. Et puis, pendant ce temps, il se promettait déjà une nuit blanche, à tenter de trouver pourquoi son enfant était dans cet état. Bien sûr, ce n'était pas bon pour sa santé... déjà, les nuits blanches n'étaient pas recommandées, et en plus, quand on venait de frôler la mort, cela devait bien être la dernière idée qu'il devait se permettre.
Le reste alla plutôt vite : son idée sembla aussi plaire à sa femme, qui, peut-être poussée par son instinct maternel mis à vif, ou par sa fatigue extrême, se dirigea rapidement vers la chambre. Il lui sourit doucement, même si elle ne semblait pas plus que cela oser le regarder. Tant pis. L'effacement n'était que ce qu'il méritait, au fond. Durant le même moment, Nix avait changé de pouvoir, ce qui inquiéta fortement son père... mais ne le poussa pas à réagir : il se souciait de ne pas céder à la panique, de demeurer le plus froid et le plus dur possible, pour que sa fille et sa femme puisse se retenir à lui, au cas où. Les papillons le déconcertèrent, mais fort de sa résolution, il se contenta de garder les yeux mi-clos, et de croiser les bras.
Cela lui faisait mal de voir à quel point son enfant était prise par une sorte de folie... Enfin, peut-être pas, mais d'un autre côté, il semblait un peu surréaliste qu'elle cherche à relier ses parents, alors qu'elle était en train de souffrir, et qu'elle ne semblait pas les voir. Il baissa quelque peu la tête, osa esquisser un sourire qui Nix ne pouvait pas voir, et porta son regard sur sa femme. Elle était en train de s'installer, tant mieux, il allait les laisser tranquilles. Son oeil s'accrocha cependant à cette beauté qui parait Margaret, cette beauté si unique, qui l'avait charmé. Même morte de peur, elle était splendide. Mais il y avait des compliments que l'on n'osait plus donner, qu'il n'osa pas prononcer, il la dévora un court instant du regard, et s'apprêta à partir, au moment même où elle se redressa vers lui.
Etait-ce seulement une bonne idée ? Difficile à dire, mais le baiser - enfin, ce qui avait failli terminer en baiser passionné - le laissa un moment immobile, à fixer les joues rosies de son épouse. C'était incroyable, cette facilité qu'elle avait à rallumer des braises qu'il croyait avoir enfouies. Il lui sourit, doucement, très doucement, ferma un court moment les yeux, puis murmura :
-Merci, toi aussi... n'oublie pas de dormir, hein.
Et, sans céder à un quelconque vice, il s'accorda le droit de déposer un baiser sur le front de sa femme. Comme s'ils n'étaient encore que ces deux adolescents qui s'offraient le monde, pour mieux fuir leur réalité. Caliban glissa ses doigts dans les boucles d'ambre de Margaret, puis porta de nouveau son attention sur sa fille, qui lui semblait de nouveau dormir. Nix obtint, sans le savoir un regard chargé d'amour paternel, avant qu'il ne se redresse.
-S'il y a quoi que ce soit, n'hésite pas à venir me chercher.
Et il quitta la pièce, après avoir récupéré un oreiller et une couverture. De retour dans le salon, il déplia le canapé - ce qui n'avait pas été fait depuis fort longtemps - pour en faire un lit d'appoint, et se prépara un petit nid pour passer la nuit. Sauf qu'il se servit d'un ordinateur portable sur ses genoux, prêt à passer un long moment, jusqu'au petit jour, à travailler... Enfin, cela, c'était ce dont il avait envie... Il ne lui fallut guère de temps pour être happé par le sommeil et ses sombres pensées, pour sentir de nouveau son cœur se briser, et avoir les yeux qui, doucement mais inexorablement, se fermaient.
Evidemment, il luttait contre le sommeil, pour aller le plus loin possible dans ses recherches. Pour pouvoir sauver sa fille, puisque tout ce qu’il pouvait encore faire, c’était réfléchir, c’était calculer… _________________
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|  | | Margaret Leviaz
Dirigeante des F.


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| Sujet: Re: Soirée en famille [Leviaz] Mer 21 Mai - 15:19 | |
| Quelque chose n’allait pas comme il fallait, non ? Rectification : il y avait bon nombres de choses, dans cette pièce, qui n’allaient pas, à commencer par le sommeil agité de Nix, sa peau si pâle, l’étrange couleur de son sang… Pourtant, il y eut un instant terrible où Margaret eut peur d’oublier ce qui arrivait à sa fille. Un sentiment inconnu – ou bien trop connu, elle n’aurait su le dire – s’immisçait le long de ses veines, en un curieux frémissement, tandis qu’elle sentait, plus qu’elle ne voyait, son mari sourire en réponse à son presque-baiser. Ce n’était pas normal… Quoi dont ? Maggie ne le savait même plus tout à fait… Comment était-ce possible qu’un homme qu’elle croyait haïr de toute son âme, quelques instants auparavant, lui donne soudainement des frissons délicieux ?
C’était un connard… Un connard qui avait risqué la vie de Nix. Qui avait clairement fait comprendre que Margaret n’avait pas sa place ici, ni dans cette famille. Un connard qui s’était comporté de la façon la plus méprisable qui soit en face de sa propre femme. Et… et elle souriait, apaisée, alors qu’il lui suggérait de dormir un peu. Où était le piège ? Où était donc le danger ? Comment pouvait-on passer de la haine à l’amour fébrile, en quelques secondes ? En quelques sourires… Les paroles de Nix n’en devinrent que plus nettes, et plus effrayantes. Caliban avait un pouvoir qu’il ne soupçonnait même pas, sur l’esprit de sa femme. Non, sur son cœur, plus exactement… Margaret n’était pas en mesure de deviner si cette sensation était réciproque. Elle crispa légèrement le poing sur le drap, comme pour trouver un contact quelconque qui puisse la retenir dans un monde de réalités, si cruelles fussent elles.
A côté d’elle, le corps de Nix semblait s’être apaisé. Elle dormait… Maggie se sentit soulagée, et cligna des yeux, alors que le sommeil prenait le pas sur sa volonté de rester éveillée pour veiller le repos de sa fille, sans plus faiblir. Son corps se raidit momentanément lorsque Caliban s’approcha pour déposer un baiser sur le front de Margaret. Instinctivement, elle retint sa respiration, ferma les yeux, les muscles tendus, comme prête à fuir… Mais un agréable frisson vit le jour au creux de sa nuque, lorsqu’elle sentit les doigts de son mari glisser dans ses cheveux. Elle se mordit la lèvre, et voulut s’éloigner, poussé par le besoin effrayé de se protéger. Mais de quoi ? De lui ? Il ne lui voulait aucun mal… Pourquoi donc fuir l’homme qu’elle savait aimer encore ?
Parce qu’elle n’avait plus le droit à l’erreur… Et qu’elle savait que c’en était une. Elle avait trop souffert… Les risques n’étaient plus permis. Elle ne devait plus vivre à présent que pour sa fille. Pour le bonheur de Nix. Le sien, Maggie l’avait déjà connu, il y avait bien longtemps… Elle avait eu sa chance, elle en avait profité… Peut-être pensait-elle qu’il était trop tard pour le retrouver, ce bonheur. Mais son enfant y avait droit. Plus que n’importe qui. Elle ferait tout pour le lui offrir. Forte de cette résolution, elle se rendit compte que ses pensées envers Nix l’avaient éloignée d’un trouble que Caliban avait fait naître. Malgré l’état de santé inquiétant de sa fille, elle se sentit vaguement rassurée, et se blottit contre elle, sans rien répondre à son mari, qui quittait la pièce après une dernière recommandation.
La respiration de Nix était irrégulière, mais hypnotique… Maggie ne tarda pas à sentir ses paupières papillonner rapidement, et son propre souffle se ralentir, happé par une envie irrépressible de sombrer dans un pays de chimères. Là où son corps pourrait se reposer de tout ce qu’il avait enduré… Malheureusement pour lui, Margaret ne l’entendait pas ainsi. Elle n’avait pas le droit de s’endormir… Il fallait qu’elle reste éveillée. Et la seule manière de lutter contre une fatigue toute-puissante, c’était de laisser ses pensées dériver vers des sentiments inextricables. Alors que son subconscient guidait ses réflexions vers Caliban, Maggie fronça les sourcils, prise d’une intuition implacable. Raisonnement logique par A + B : si elle-même se refusait à dormir pour veiller sur Nix… Caliban avait sans aucun doute décidé de passer lui aussi une nuit blanche… à essayer de trouver un moyen de la sauver.
Elle n’eut pas besoin de preuves… Elle en était sûre, tout simplement. Ce fut sans même mesurer son geste qu’elle se redressa en position assise, et éloigna quelque peu le drap. Son mouvement vif lui donna un vertige, et la fit grimacer légèrement. Immobile, elle plissa les yeux, et fut prise d’une hésitation proche du dilemme déchirant… S’éloigner quelques minutes de Nix pour faire en sorte que son mari se repose de tout ce qu’il avait vécu, ou rester à son chevet pour la protéger, au risque que le Directeur se bousille la santé ?... Son cœur se serra, et elle baissa la tête vers le visage endormi de sa fille, sentant la culpabilité l’envahir. Elle lui avait promis de rester auprès d’elle, n’est-ce pas ? Mais elle ne serait pas loin… Elle n’en aurait pas pour longtemps… Elle reviendrait vite…
Sans même s’en être aperçue, elle avait déjà pris sa décision, et quittait le lit, après avoir enveloppé sa fille d’un regard maternel. Non, elle n’irait pas loin… Elle ne pourrait pas s’en éloigner bien longtemps. Son instinct maternel la ramènerait toujours vers elle. Mais en attendant, c’était un autre instinct qui la poussait à faire quelques pas silencieux vers le salon. Aussi discrète que la voleuse talentueuse qu’elle était, Margaret avança à pas de loup dans la pièce, crispant ses mains moites le long de sa robe. Elle ne savait pas pourquoi elle se sentait si… démunie. Peut-être n’avançait-elle pas seulement pour s’assurer que son mari prendrait un peu de repos… Peut-être voulait-elle quelque chose, pour elle-même… Elle avait encore besoin d’être rassurée. Rassurée par quelque chose que sa fille, malgré sa voix et ses sourires faibles, ne pourrait pas lui donner. Rassurée par l’étreinte d’un mari aimant qui comprendrait ce qu’elle ressentait… car il le ressentait aussi. Y aurait-elle droit ?
Son cœur loupa un battement, tandis qu’elle se trouvait à présent à un mètre à peine du canapé déplié sur lequel Caliban s’était installé. Elle se mordit la lèvre, et posa son regard d’abîme sur le visage du Directeur, qui luttait désespérément contre le sommeil, son ordinateur sur les genoux… comme elle l’avait judicieusement supposé. La voleuse inspira profondément, et dans un geste qui lui parut durer une intolérable éternité, elle s’assit à côté de lui, en esquissant un petit sourire. Elle n’eut pas le temps de réfléchir, que déjà quelques mots franchirent ses lèvres :
- Je vois… qu’il n’y en a pas un pour rattraper l’autre…
L’intonation de sa voix avait une sorte de complicité qui la surprit elle-même. Elle ne se sentait pourtant pas en mesure de faire preuve d’un minimum d’humour… Cependant, ce fut avec une étonnante légèreté qu’elle murmura encore, après avoir jeté un œil en direction de la chambre, pour s’assurer que tout se passait bien – ou peut-être pour fuir le regard de Caliban - :
- J’avais l’intention de rester éveillée cette nuit pour la protéger du mieux que je peux… Mais je crois que j’ai une idée qui sera bien plus utile, à nous deux, que ce plan débile de se bousiller la santé… Je ne crois pas que Nix veuille de deux parents aux traits de morts-vivants quand elle se réveillera demain.
Ses mots étaient étrangement calmes, détachés, et profonds à la fois. Il y eut un bref frémissement qui la parcourut, alors qu’elle releva la main pour la poser sur celles de Caliban, qui s’évertuait tant bien que mal à taper sur son clavier. Ce contact lui fit peur, mais elle n’osa pas le briser. Margaret prit son courage à deux mains, et releva la tête pour le regarder droit dans les yeux – dans l’œil, plus exactement -. Ses cheveux d’ambre retombaient le long de ses joues en une cascade d’or fin.
- Alors je vais dormir… Si tu promets de dormir toi aussi. Et maintenant… Je sais que tu veux la sauver… Et tu la sauveras. Mais si tu cherches en luttant contre un sommeil qui te ferait le plus grand bien… Tu ne trouveras rien du tout. Dors… Dors tout simplement. Ce n’est pas trahir sa confiance, ce n’est pas la mettre en danger… Au contraire. Quand tu te réveilleras, les idées bien plus claires qu’en cette fin de journée aux allures de cauchemar, tu seras bien plus proche de la solution…
Margaret éloigna précautionneusement sa main de celles de son mari, et tenta un nouveau sourire doux, étrange, lorsque l’on repensait à la scène violente que les époux Leviaz avaient jouée quelques instants auparavant. Elle se sentait de nouveau troublée par elle-ne-savait-quoi, mais elle savait à présent qu’elle n’avait plus la possibilité de reculer. Plus l’envie également de s’éloigner de lui maintenant.
- Si tu ne le fais pas juste pour elle… Fais-le aussi pour moi.
Elle avait à peine articulé ces derniers mots, du bout des lèvres, et baissa aussitôt la tête, laissant ses cheveux d’or masquer quelque peu un visage aussi confus qu’involontairement ravissant. Elle s’en voulait… C’était laisser tomber ses barrières. Elle avait tort. Il fallait qu’elle s’en aille… Mais tout en elle réclamait qu’on la rassure. Même ce corps, aussi magnifique que Caliban puisse le trouver, ne demandait rien de plus qu’une étreinte simple. Une étreinte sans doute hors de propos… mais bien la seule chose qui lui manquait véritablement. _________________
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|  | | Caliban Leviaz
Envie ~ Directeur


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| Sujet: Re: Soirée en famille [Leviaz] Dim 15 Juin - 17:52 | |
| Si Margaret n'avait pas eu de Flux, et si lui n'avait pas eu cette capacité de ressentir ce pouvoir qu'il avait donné aux autres, jamais il n'aurait pu prévoir qu'elle viendrait à côté de lui. Mais là, s'il ne savait pas ce qu'il se passait dans la tête de la voleuse, il pouvait suivre involontairement ses mouvements, savoir qu'ils la portaient jusqu'à lui, qu'elle s'approchait, doucement mais sûrement. Dans son demi-sommeil, il ne put se poser de question à ce sujet. Tout était trop flou, et il ne devait réfléchir qu'à Nix, qu'à la santé de sa fille qui se détériorait.
Alors il était bien incapable d'avoir une réaction franche en la sentant s'installer à ses côtés sur le canapé-lit. Les doigts pianotant sur le clavier, il réfléchissait à une formule suffisamment compliquée pour s'enfermer dans une solitude. Parce qu'au fond, il était seul. Seul coupable de tout ce qu'il se passait autour de lui. Le peu d'humain qu'il restait en cet homme suintait la tristesse et culpabilité. Le reste, ce visage qu'il montrait à tout le monde, s'en moquait complètement. Jusqu'à ce que Nix soit plus touchée que nécessaire par sa folie, et qu'il retrouve ce côté presque innocent. Mais pour combien de temps encore ? Il ne savait pas quand il redeviendrait le fou, quand il serait plus l'Envie que Caliban. Car, après tout, il ne pouvait vaincre sa démence. Le destin s'était trop avancé pour penser seulement à oublier, à faire marche arrière. Les blessures avaient déjà été portées, il suffisait de regarder Margaret, cela faisait trop longtemps... Tant pis, il passerait probablement sa vie seul, dans sa folie.
Pourtant elle était là, même s'il ne savait pas réellement pourquoi. Elle était là, à ses côtés, armée d'un trait d'humour auquel il ne s'était pas attendu. C'était probablement la raison pour laquelle il esquissa un regard profondément perplexe. De loin, il devait avoir l'air réprobateur. De près, il ne comprenait pas, voilà tout. Elle le connaissait suffisamment pour faire la différence. Au fond, elle était celle qui le connaissait le mieux, d'ailleurs. C'était certainement pour cela qu'elle était partie. Qu'elle l'avait laissé. Elle le connaissait trop bien pour n'avoir aucun espoir, pour perdre tout attachement pour lui... Et elle était là, comme si de rien n'était, comme si on pouvait se permettre de lui pardonner quoi que ce soit.
Elle le regardait, elle frôlait ses mains, oui, comme ça, comme si tout était normal, comme s'il n'avait jamais fait de mal à personne, lui qui savait qu'il ne pourrait jamais se pardonner. Comme si elle n'avait pas observé la mort à cause de lui. Comme si... alors, comme il ne méritait rien de tout cela, comme il ne pouvait pas s'expliquer un si beau regard, une telle attention, il jugea que ce n'était que du vent, qu'un mensonge pour arriver à quelque chose d'autre. Facile de le deviner : il était le seul à pouvoir sauver Nix - oh, douloureux sentiment que d'être certain qu'il n'y parviendrait jamais - , elle ne le regardait qu'ainsi. Qu'avec un espoir vain qu'il parvienne à quelque chose, lui qui ne savait rien, lui qui brisait plus qu'il ne construisait.
Caliban avait cette sensation, si habituelle à ses rares moments de lucidité, cette impression que son cœur allait tout simplement éclater dans sa poitrine, que c'était la meilleure chose à faire, de mettre fin à tout cela, à toutes ces douleurs, à ces cris qui résonnent dans sa tête. La femme de sa vie qu'il n'avait pas su garder à ses côtés l'observait, c'était suffisamment pour l'ensevelir sous une vague de culpabilité mortelle. Il allait se noyer dans les abysses vengeurs des yeux de Margaret. Elle était sa fin.
Il ferma son ordinateur, un peu violemment, d'ailleurs, frustré d'exister, et plongea son regard dans celui de Margaret, en réponse à ses mots.
-Durant chaque minute que je passe à réfléchir, ou à dormir, ou à je-ne-sais quoi, Nix est en train de subir une douleur sans nom. Quel père serais-je, si je pouvais seulement trouver le sommeil en étant responsable de tout cela ? ... mais admettons que tu aies raison...
Dans sa voix ne paraissait aucune agressivité. Juste de la lassitude, ou de la tristesse, ou ce quelque chose si particulier qui faisait qu'après tout, il était bien conscient qu'il ne ferait du bien à ses proches qu'en mourant, qu'en mettant fin à toute cette histoire nauséabonde. Mais il ne pouvait pas prendre le risque de laisser Nix ainsi. Il voulait la guérir, plus que tout au monde. Il voulait trouver une solution à ce qui n'en avait pas, l'aider à vivre, simplement, pour cesser de la tuer à petit feu.
-... admettons que cela ne soit qu'un mal de plus, parmi tous ceux que je provoque.
Il passa une main dans ses cheveux humides, l'air pensif, un instant, puis soupira. Son oeil se porta de nouveau sur elle, sur cette femme qui le rendait si étrange, encore.
-Excuse-moi pour tout ce que j'ai dit tout à l'heure. Je ne le pensais pas vraiment. J'ai très peur... qu'elle parte, elle aussi.
Oui, elle aussi, tout comme Margaret était partie, désenchantée de sa présence, dégoûtée de vivre avec un monstre. Si Nix s'en allait, alors il n'aurait plus rien, plus rien d'autre que sa folie pour le détruire, et il ne voulait pas cela. Bien sûr. Il voulait le bien de son enfant, il voulait lui donner cet amour qu'il était incapable de faire ressentir. Tout ceci était idiot : tout était vain, au final, tout était inéluctable.
L'esclave de l'Envie avança sa main droite vers le visage de sa femme, pour lui caresser la joue, doucement.
-J'avoue que cela me fait du mal de ne pas te comprendre... de ne plus te comprendre comme avant. Ce que je ressens réellement, au-delà des paroles blessantes, c'est que je m'en veux de t'avoir fait partir, je m'en veux d'être un monstre et de t'avoir blessée, je m'en veux de faire souffrir cet enfant que j'aime plus que tout au monde. Le peu de choses que j'aie obtenues, parmi tous mes désirs, je les ai brisées. Et pourtant je m'accroche désespérément à ces rares morceaux qui restent, à ces épaves de bonheur.
Et puis, doucement, il fit enfin ce qu'elle attendait de lui, sans savoir réellement l'appel muet qu'elle avait évoqué. Il la prit dans ses bras, contre son corps immense, dans une étreinte pourtant légère. Comme s'il n'était fait que d'éther. Tout simplement parce qu'il n'osait pas porter son geste à sa finalité, à une douceur qu'il ne se permettait plus.
-Je vous ai fait trop de mal pour que l'on puisse seulement penser à me pardonner... _________________
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|  | | Margaret Leviaz
Dirigeante des F.


Age : 20 Inscrit le : 27 Mar 2008 Messages : 66 Localisation : Si on te le demande, tu diras que tu n'en sais rien... Métier ou année d'étude : Adulte
| Sujet: Re: Soirée en famille [Leviaz] Dim 15 Juin - 23:50 | |
| Margaret sursauta légèrement lorsque son époux, juste à côté d’elle, referma son ordinateur un peu plus violemment qu’elle ne l’aurait supposé. Ce bruit, si sec, dans le silence qui les entourait, lui fit venir un curieux frisson d’appréhension. Sa gorge se serra plus encore, avec une douleur qu’elle ne comprit pas. Elle avait cessé de comprendre ce qui lui arrivait… Cessé de faire attention au mouvement si évident de son propre corps. La surprise… ou la peur. C’était ce qui motivait ce regard qu’elle redressa vers celui de Caliban. Ses cheveux d’ambre encadraient un visage d’inquiétude, de fatigue, de tristesse et de culpabilité… Mais il y avait ses yeux. Ses yeux qui hébergeaient encore, avec une précaution infinie, la seule lueur qu’on ne saurait éteindre… Ce qui ressemblait à un espoir invaincu… mais si las, pourtant. Fourbu… Prêt à s’écrouler. Il semblait qu’un souffle, une respiration suffirait à le faire sombrer. Et cependant, ses yeux brillaient…
Peut-être étaient-ce seulement ces larmes, captives au bord de ses cils… qui faisaient naître une telle impression. Oui, peut-être… Mais elle ne pleurait pas. Elle le regardait, simplement… Calmement. Avec une sérénité qui n’avait d’égale que la confusion bouillonnante qui agitait son sang et faisait trembler le bout de ses doigts. La voleuse inspira doucement, avec une prudence minutieuse, comme si elle craignait de briser quelque chose, entre eux, qui n’existait plus vraiment, à présent… Elle avait eu tort, sans doute. Elle le savait… Pourquoi s’approcher si près de ce que l’on devrait fuir ? Cet homme, elle voulait le haïr de toute son âme… pour s’empêcher de l’aimer. Elle avait cru réussir… Non. Elle s’était peint un monde où elle pouvait le détester. Mais ce monde n’était qu’illusion… Et le voile s’arrachait, petit à petit, tandis qu’il commençait à parler.
Maggie aurait voulu lui dire qu’il avait tort, qu’il se trompait… Bien sûr qu’il se trompait. Mais… elle comprenait si bien ce qu’il essayait de lui expliquer, que cela l’effraya plus encore. Oui, elle aussi, se sentait rongée de culpabilité, rien qu’à l’idée de s’accorder le droit de dormir paisiblement, tandis que sa fille s’acheminait peut-être lentement vers une éventualité qu’elle se refusait à imaginer. C’était si douloureux… Douloureux de ne rien pouvoir y faire. Douloureux d’être en bonne santé, à sa place… Elle savait ce qu’il voulait lui dire. Ils n’étaient pas si différents, au fond… Ils étaient parents d’une jeune fille au bord du gouffre. Et ils voulaient la retenir… ou tomber avec elle. Il n’y avait pas d’autre alternative. Rien… Juste le choix de la culpabilité et de la souffrance.
Alors elle ne sut que répondre… Il y eut bien un mouvement de ses lèvres, comme une tentative dérisoire pour lui souffler qu’elle savait… Mais elle demeura muette. Que dire après cela ? Qu’il fallait dormir, se reposer ? Ils étaient conscients, l’un comme l’autre, qu’il le faudrait bien… Car la nature est telle qu’elle rattrape toujours ceux qui veulent la défier. Leurs corps tomberaient de fatigue, d’eux-mêmes… Mais le repos n’en serait que plus troublé. Maggie n’eut pas le temps d’exprimer cette pensée confuse… Caliban en prononça une autre, qui la fit cligner des yeux… Des excuses ? Pourquoi ? Qu’est-ce que… La voleuse sentit une forte, une irrésistible envie de fuir, avant qu’il ne soit trop tard. Dire quelque chose… Rebâtir une muraille, même fragile. N’importe laquelle…
Mais il était déjà bien trop tard. Son corps, trop las, ou esclave de désirs enfouis, se refusait à bouger d’un simple millimètre, et dans sa tête se superposaient des pensées qu’elle n’aurait jamais dû avoir… Il ne pensait pas ce qu’il avait dit. Bien sûr… Elle le savait. Avec une netteté bouleversante, Margaret se rendit compte qu’elle l’avait toujours su. Alors pourquoi se sentir blessée par des mots qu’elle savait faux ? Pour mieux riposter à son tour… Etre blessée… pour mieux se défendre ? Elle-même ne pensait pas un traître mot des paroles cruelles qu’elle avait pu lui cracher au visage. Mais le lui avouer, comme il venait lui-même de le faire… lui paraissait encore un péril plus grand que celui de simplement écouter ce qu’il avait à dire.
Elle ne savait même pas pourquoi il parlait de cela maintenant… Elle aurait dû rester couchée près de Nix… Oh oui, elle aurait dû. L’instinct qui l’avait poussée jusqu’ici était traître… ou salutaire. Maggie sentit la panique l’envahir toute entière, lorsque la main de son époux glissa doucement sur sa joue. Un contact… Une décharge presque tendre. Une sensation de chaleur sur son visage. Un pincement de cœur. Les lèvres qui tremblent…Non, il ne fallait pas. Se reculer, maintenant…
Elle ne pouvait pas. Margaret se sentait fondre, partir… glisser vers l’abîme. A moins que ce ne fût vers une lumière plus vive. Peut-être tombait-elle pour mieux se relever… Elle ne le sut pas. Les frissons qui parcouraient son dos étaient incontrôlables, tout comme l’appréhension qu’ils engendraient. Et puis… Il y avait ses mots. Ses mots qu’elle attendait sans même le savoir, depuis tout ce temps… Ses mots qui la libéraient et l’enchaînaient à la fois. Ses mots qui étaient autant de lames froides que de baisers tièdes. Ils réchauffaient son cœur tendre gorgé d’espoir… mais glaçaient cet esprit inébranlable qui siégeait derrière de si beaux yeux. C’était étrange… Cette sensation de se sentir en même temps si bien, et si mal… Il lui avouait s’en vouloir… Et elle, sentait que ces quelques mots cicatrisaient des blessures. Et en rouvraient d’autres… Elle ne voulait pas qu’il s’en veuille… Ils avaient tous deux leur responsabilité dans ce qui était arrivé. Elle l’avait fait souffrir, en prenant la fuite…
Fallait-il encore fuir, maintenant ? Son esprit le lui soufflait, comme une douce perfidie… Mais plia sous le cœur. Car le cœur battit littéralement des ailes lorsqu’il se produisit ce qui n’aurait peut-être pas dû arriver… Maggie vit comme dans un rêve les bras de son mari l’entourer délicatement, comme on voudrait saisir ce qui ne peut l’être… avec cette légèreté douloureuse, qui lui fit un instant croire que la réalité elle-même s’en était allée. Il y eut un moment de blanc… Ses yeux se fermèrent doucement, son esprit sembla accepter la défaite, et se replia si rapidement qu’il lui laissa une curieuse impression de liberté grisante. La voleuse resta interdite, durant des secondes qui lui parurent durer éternellement… Ce fut à peine si elle entendit les mots qu’il prononça pour finir. Les sanglots l’assaillirent… et ce fut la fin des combats.
Se rendre, ne plus lutter… C’était si simple… Elle en avait assez. Sans même comprendre comment elle avait pu se permettre une faiblesse si grande, Margaret sentit des larmes tièdes glisser sur ses joues, ses lèvres se crisper pour accueillir des sanglots… et elle enfouit son visage meurtri contre le torse de son époux, se serrant davantage contre lui… comme pour franchir une distance qu’il n’avait pas osé violer de lui-même. Maggie savait qu’elle avait tort… Mais le plus dur était encore de constater amèrement qu’elle se sentait mieux… Terriblement mieux, à pleurer dans les bras de l’homme qu’elle aimait encore. Le seul à qui elle devrait dévoiler ses faiblesses… Le seul à qui elle ne se le permettait justement pas. Jusqu’à cet instant…
Pourquoi était-elle brusquement rassurée par la chaleur d’un corps qu’elle aurait dû fuir, et qui l’entourait de toute sa légèreté ? Elle n’aurait su le dire… Tout cela n’aurait pas dû arriver. Non… Mais elle n’y songeait même pas. Tout ce qui importait, c’était de laisser une étreinte qu’elle n’espérait plus refermer ses blessures. Y parviendrait-elle ? Peu importait… Elle se sentait mieux. Les sanglots qui l’agitaient avaient quelque chose de presque serein… bénéfique. Ils s’apaisaient peu à peu le long de ses épaules, tandis que les doigts de Margaret restaient crispés sur la chemise de Caliban, dans un geste inconscient pour le retenir.
Les yeux clos, la respiration haletante, la belle voleuse sentit les mots se bousculer sur ses lèvres encore vacillantes… Elle ne releva pas la tête. Pas encore… La joue posée contre le torse de son époux, elle était désormais incapable de s’arracher à ce qui lui faisait à la fois bien et mal. Frissonnante des pieds à la tête, elle murmura enfin, d’une voix devenue un peu rauque, irréelle :
- Moi non plus… Moi non plus je ne pense pas… Tout ce que j’ai dit… C’est… C’est une erreur d’écouter les paroles d’une femme dont le cœur a été brisé… Elle a tendance à… mentir pour… éviter de souffrir plus encore. Je… J’ai si peur qu’elle s’en aille… Ca… Ca me terrifie tellement que… je ne sais plus quoi faire… Et j’ai froid… J’ai si froid.
Oui, il y avait bien des frissons qui parcouraient le dos de Margaret. Mais ce n’était nullement ce froid dont elle parlait… Cet air glacial, il était en son cœur… Le reste frémissait d’appréhension et de douceur. Comme si elle n’avait jamais été si proche de lui… Comme si elle avait oublié ce que c’était que d’être serrée ainsi dans ses bras. Les sanglots s’étaient tus. Ses paupières s’ouvrirent doucement sur un regard d’abîme qui se redressa vers le visage de Caliban… Il était bien difficile d’en être tout à fait certain, mais il sembla un instant que les lèvres de Margaret avaient dessiné l’ombre d’un étrange sourire.
Ce qu’il se passa alors échappa entièrement à son contrôle… Elle ne fut pas effrayée, ni même surprise de sentir son propre visage s’approcher plus qu’il n’était nécessaire, de celui de son époux. Et puis tout s’effondra, dans un délicieux moment de perdition qui la fit basculer davantage vers la chute. Ses lèvres, hésitantes, cherchèrent celles de Caliban, et les rencontrèrent avec une maladresse touchante. Le monde sembla inverser sa course… Maggie se sentit vaciller, perdre l’équilibre… Le seul point de repère qui persista au milieu de ses sables mouvants, ce fut les lèvres de son mari, contre les siennes, tièdes… et si particulières. Très vite, le baiser hésitant s’affermit, teinté d’une sorte de désespoir haletant, jusqu’à ce que sa conscience la rappelle violemment à l’ordre.
Margaret arracha doucement ses lèvres des siennes, mais se refusa à s’éloigner. Il était trop tard pour bâtir une citadelle qui venait de trouver refuge au creux de ses bras. Se montrer faible n’avait plus d’importance… Elle se sentait mieux. Douloureusement mieux… Et il fallait qu’elle se l’admette. Ses yeux abyssaux eurent un peu de mal à continuer de fixer le visage de Caliban… Peut-être par peur d’avoir fait une erreur. Elle ne se sentit pas le courage d’expliquer son geste…Mais des mots coururent sur ses lèvres en feu :
- Je m’en veux tout autant que toi… D’être partie. D’avoir baissé les bras… Ne pas avoir assez cru en toi pour rester à tes côtés. Je m’en veux de l’avoir abandonnée… De vous avoir abandonnés, tous les deux… Parce que c’est ce que j’ai fait. Quel genre de mère quitterait son enfant, pour quelque motif que ce soit ? Je ne me le pardonnerai pas.
Elle baissa doucement la tête, pour reposer sa joue contre le torse de Calibant, et fermer lentement les yeux, comme si ses propres paroles, pourtant si douloureuses, lui apportaient une sérénité irréelle. Peut-être n’avait-elle jamais eu l’intention de lui dire toutes ces choses… Mais elle était allée plus loin encore dans le danger qu’elle s’était promis d’éviter. Et elle était incapable de faire demi-tour. C’était à peine si elle prenait le temps de comprendre ce qu’elle murmurait encore :
- Tu vois… Nous avons tous une part de culpabilité qui nous ronge… Chacun ses erreurs à porter… Mais Cal…Ce n’est pas à toi de me dire ce que je dois pardonner ou ne pas pardonner… Tu m’as fait du mal, oui… Comme je t’en ai fait en fuyant ce qui était nous… Mais je ne vois pas que cela. Les douleurs sont plus nettes et plus profondes que tout le reste… C’est pour cela qu’on ne veut voir qu’elle… Mais c’est faux… Nous avons été heureux, Cal’… Très heureux… Tu m’as offert des années de bonheur… Je ne peux pas les oublier… C’est à elles que je veux penser… C’est pour elle que je veux pardonner.
La main de Margaret se crispa un peu plus sur la chemise de son époux, et elle se mordit la lèvre, ses joues humides mouillant progressivement le vêtement, comme son chagrin s’écoulerait peu à peu vers le cœur de Caliban. Sa gorge se serra, tandis qu’elle s’entendait ajouter :
- Je… je ne peux pas tout pardonner… Pas encore… Mais je sais qu’un jour, j’y parviendrai… Et toi… Toi qui ne le pourras jamais… Accorde-moi une faveur… Laisse-moi essayer de te pardonner pour nous deux. _________________
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